Prévision de la mortalité par tumeurs dans l’Union européenne

6 March 2012

Selon de nouvelles estimations, l’on s’attend pour 2012 à près de 1,3 million de décès par tumeurs au sein de l’Union européenne (UE) et à 161’000 en France, avec en tête le cancer du poumon (32’000 cas). Le taux global de mortalité est toutefois en baisse, et en particulier celui du cancer du sein. Toutefois, concernant la population féminine, le cancer du poumon est en augmentation.

Dans un article publié dans Annals of Oncology, un groupe de chercheurs italiens et suisses dont fait partie Fabio Levi, professeur ordinaire à la FBM et chef de l’Unité d’épidémiologie du cancer de l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP) de Lausanne, estime qu’il y aura près de 1,3 million de morts dans l’UE en 2012, dont 717’000 hommes et 566’000 femmes. Malgré que les nombres absolus aient augmenté (suite au vieillissement de la population), les taux de mortalité par tumeurs (standardisés pour l’âge par 100’000 habitants) continuent de baisser.

Les chercheurs ont en outre estimé que le taux global de mortalité par tumeurs en 2012 sera de 139 décès par 100’000 hommes et de 85 par 100’000 femmes. Rapporté aux taux de 2007 (année pour laquelle les données sont disponibles), cela correspond à une diminution de 10% chez les hommes et de 7% chez les femmes.

"En France, en 2012, seront certifiés 161’000 décès par tumeurs, 95’000 chez les hommes et 66’000 chez les femmes. En nombre de décès, les tumeurs ne sont devancées que par les maladies cardiovasculaires, mais sont la principale cause d’années de vie perdues, vu qu’elles surviennent à un âge plus jeune que pour les maladies vasculaires. Les tumeurs les plus fréquentes, telles qu’estimées en 2012 en France, sont celles du poumon (32’000 décès), de l’intestin (19’000), du sein (12’000), du pancréas (10’000), de la prostate (9’000) et les leucémies (6’000)", explique le Fabio Levi.

Parmi les données les plus favorables observées en Europe, l’on relève la réduction de 9% en 5 ans de la mortalité par tumeur du sein, où la réduction est plus marquée chez les femmes jeunes. "Ceci indique, affirme Carlo La Vecchia, chef du Département d’épidémiologie de l’Institut Mario Negri et professeur à l’Université de Milan, le rôle essentiel des améliorations des traitements pour les tumeurs du sein, plutôt que celui du dépistage mammographique, généralement réservé aux femmes entre 50 et 70 ans."

Le sein reste la principale cause de décès par tumeurs chez la femme dans tous les pays d’Europe, à l’exception du Royaume-Uni et de la Pologne où elle a été dépassée par la tumeur du poumon en tant que principale cause de décès chez les femmes. "La principale tumeur en contre-tendance, ajoute Fabio Levi, est en fait celle du poumon chez les femmes qui a continué à augmenter dans la majorité des pays européens, reflétant ainsi la diffusion de la fumée de cigarettes parmi les femmes au cours des dernières décennies."

Les chercheurs ont utilisé les données de mortalité par tumeurs de la période 1970-2007 afin d’identifier les évolutions et prédire les données de 2012 dans l’Union européenne. "Estimer les données courantes de mortalité par tumeurs est un exercice important pour définir les priorités pour la prévention et la thérapie", concluent Carlo La Vecchia et Fabio Levi.


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