La surveillance et la sécurité lors des grands évènements sportifs

28 Novembre 2011

La prestigieuse revue de géographie Urban Studies sort, ce mois, un numéro spécial consacré à la sécurité et à la surveillance lors des grandes manifestations sportives. Un numéro édité sous la direction du Francisco Klauser de l’Université de Neuchâtel, spécialiste dans le domaine de la surveillance et qui a lui-même rédigé un article sur les « bonnes pratiques » en matière de gestion des fans de foot, notamment durant l’Euro 2008.

La coupe du monde de football de 2006, qui s’est déroulée en Allemagne, a grosso modo attiré cinq millions de visiteurs internationaux, nourri 26 milliards de téléspectateurs et provoqué une relance économique de 12,5 milliards de dollars US. Ce genre de grands évènements sportifs confère certainement un immense prestige national et international. Mais les villes hôtes en retirent également d’autres bénéfices, comme la régénération de leur tissu urbain, l’augmentation du tourisme et de nouveaux partenariats avec des sociétés internationales. Londres, avec les prochains jeux olympiques, s’y prépare, de même que les villes ukrainiennes et polonaises qui accueilleront l’Euro 2012.

Les organisateurs de ces coupes du monde, jeux olympiques, ligue des champions et autres grands évènements sportifs accordent une importance accrue à la surveillance et à la sécurité, particulièrement depuis les attentats du 11 septembre. Cette intensification des dépenses sécuritaires se laisse traduire en chiffres. En 1992, les jeux olympiques de Barcelone ont dépensé 66 millions de dollars US pour la sécurité. Le budget de Londres pour 2012 prévoit des dépenses de l’ordre de 1,7 milliards de dollars US. Cette explosion des coûts comprend bien sûr la mobilisation d’un important personnel, notamment constitué d’agents de police, mais également la mise en œuvre de technologies high-tech.

Le numéro spécial de Urban Studies se focalise sur l’interaction entre sécurité, méga-évènements sportifs et villes hôtes. Il examine l’éclatement de l’environnement urbain contemporain en une large gamme d’enclaves fermées plus ou moins hermétiquement et étroitement surveillées. Le championnat d’Europe de football de 2008 (en Suisse et en Autriche) a par exemple produit plus de quinze kilomètres de bâches qui ont servi à couvrir les barrières les plus en vue et à démarquer une multitude d’accès restreints ou d’entités spatiales sous contrôle. Ces portions d’espace délimitées étaient reliées au reste de la ville par une multitude d’accès, certains contrôlés plus fortement que d’autres.

Professeur assistant en géographie à l’Université de Neuchâtel, Francisco Klauser a non seulement supervisé l’élaboration de ce numéro spécial, il y a aussi contribué notamment pour la partie 1 consacrée aux questions de sécurité. Cet aspect constitue d’ailleurs l’un de ses axes de recherche. La partie 2 du numéro s’arrête sur l’interaction complexe entre les techniques de sécurité et les stratégies à l’intérieur et au-delà du stade urbain. Quant à la partie 3, elle explore les interrelations entre les technologies utilisées pour garantir la sécurité et la cité.

Urban Studies analyse également l’après-évènement. « L’effet des mesures spéciales prises à l’occasion de la rencontre sportive peut se prolonger bien après la fin de la manifestation », explique Francisco Klauser. Les nouvelles caméras de surveillance installées à Genève pour l’Euro 2008 sont par exemple toujours en place à l’heure actuelle.

Les études du professeur neuchâtelois ne s’arrêtent pas à l’Euro 2008. Le géographe a travaillé sur la coupe du monde 2006 en Allemagne, sur les jeux olympiques de Pékin en 2008 et sur les jeux olympiques d’hiver de Vancouver en 2010.

Urban Studies fournit un forum international de contributions sociales et économiques dans le domaine du planning régional et urbain.

 
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