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L'appel odorant a pu être restauré

L'appel odorant a pu être restauré

Un processus naturel de défense qui n'existait plus dans certaines variétés de maïs a pu être restauré par génie génétique. Il s'agit de la faculté de la plante à envoyer un signal de détresse odorant qui attire des ennemis d'un ravageur de racines.

 

« C'est la première fois qu'on parvient à manipuler l'émission de substances volatiles dans le but d'améliorer la protection des cultures », se réjouit Ivan Hiltpold, chercheur à l'Université de Neuchâtel et co-responsable du projet de recherche. En effet, lorsque les plantes sont attaquées par des insectes herbivores, elles émettent des signaux odorants pour attirer les ennemis des organismes indésirables. « L'utilisation de défense indirecte constitue une stratégie attractive pour améliorer la résistante de la plante aux herbivores et réduire le recours à des pesticides chimiques » souligne Jörg Degenhardt, co-auteur du travail. Ces chercheurs ont identifié chez le maïs la molécule responsable de l'appel à l'aide: (E)-β-caryophyllène (EβC). Cette substance volatile est produite non seulement en cas d'attaque au niveau des feuilles, mais aussi sous la terre où la plante est victime de la chrysomèle des racines du maïs Diabrotica virgifera virgifera. Sa larve est responsable d'énormes pertes financières en Amérique du Nord. Le signal odorant attire des nématodes - de minuscules vers - qui vont tuer les larves ravageuses.

Processus perdu au terme de la sélection traditionnelle

Or, ce même groupe de chercheurs avait mis en évidence que des variétés américaines de maïs n'étaient plus capables de produire la substance protectrice perdue au terme d'un processus de sélection traditionnelle. Ils ont pu rétablir cette propriété en insérant dans une de ces variétés un gène d'origan qui contrôle l'émission de la molécule manquante. L'efficacité de la manipulation a été établie par Ivan Hiltpold lors d'une expérience en champ dans le Missouri (USA). L'étude montre qu'on peut  renforcer un signal naturel pour augmenter l'efficacité de la lutte biologique contre un ravageur. La démarche a ceci de remarquable qu'elle illustre la compatibilité entre génie génétique et contrôle biologique des cultures.

Performance comparable à celle des pesticides synthétiques

Dans des parcelles de maïs ayant recouvré la capacité de produire de l'EβC, Ivan Hiltpold a relevé une diminution de 60% d'émergence de Diabrotica adultes par rapport aux secteurs où poussaient des variétés non-modifiées. Cette performance est comparable à celle des pesticides synthétiques communément utilisés contre Diabrotica. Des travaux complémentaires menés en laboratoire ont par ailleurs confirmé que les plantes transformées attiraient bel et bien davantage de nématodes.

Belles perspectives

Cette étude ouvre de belles perspectives de lutte contre la chrysomèle des racines du maïs, qui a commencé à se répandre en Europe depuis le début des années 1990. Dans des travaux futurs, les scientifiques vont chercher les meilleurs moyens d'applications des nématodes et de leurs réponses à l'EβC. Les propriétés de diffusion du caryophyllene en font un signal souterrain susceptible de servir à d'autres cultures de plantes. Une demande de brevet pour cette approche a été déposée.

Contact

Université de Neuchâtel, Faculté des Sciences, NCCR Plant Survival, Rue Emile-Argand 11, 2000 Neuchâtel, Tel: +41 32 718 2500, plant.survival at unine.ch.

 
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