
Arum maculatum
L’arum tacheté est connu pour séquestrer une espèce de mouche bien précise qui lui sert à diffuser son pollen. Alors qu’on croyait cette relation exclusive, voilà qu’une chercheuse démontre qu’en fonction du climat, la plante change volontiers de « prisonnier » pour optimiser sa reproduction.
Poussant dans les régions tempérées, l’arum tacheté (Arum maculatum) est célèbre pour son mode particulier de reproduction qui consiste à séquestrer les mouches chargées de sa pollinisation. A la base de sa tige se trouve une poche qui constitue un véritable piège à insectes. Au mois de mai, l’inflorescence se met à chauffer et à diffuser une odeur d’excréments et d’urine. Attirée par ces effluves, une mouche du genre Psychoda s’y précipite. C’est alors que le piège s’active : au sommet du renflement, des poils se dressent, rendant vaine toute tentative d’évasion, tandis que les parois sécrètent un liquide qui les rend glissantes. Aucune échappatoire n’est donc possible.
Si la mouche a déjà visité une plante précédente, les fleurs femelles recueillent le pollen rapporté. Le deuxième jour, c’est au tour des fleurs mâles de libérer leur pollen sur la mouche. Une fois l’opération terminée, les poils se relâchent et l’insecte peut prendre son envol. C’est un cas assez singulier de relation antagoniste entre la plante et son pollinisateur. «Habituellement, commente la chercheuse Anahí Espíndola, dans les relations de pollinisation, on s’attend à ce que l’insecte reçoive un cadeau en échange du service rendu à la plante, typiquement du nectar. Ici, la mouche se trouve tout simplement prisonnière, voilà pourquoi nous parlons d’interaction antagoniste.»








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