Le noma est une maladie terriblement invalidante pour les enfants qui en sont atteints. Rare, elle survient essentiellement en Afrique. Bien qu’on la connaisse depuis longtemps, il n’a jamais été possible d’identifier ses causes. De grands progrès ont été réalisés grâce à une équipe de l’Université de Genève et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) qui a mis en évidence la probable séquence causale à l’origine de cette maladie. Une découverte qui pourrait ouvrir la voie à des actions préventives.
Quand le noma ne les tue pas, les enfants atteints sont tellement défigurés qu’ils sont généralement exclus de la communauté. On les empêche d’aller à l’école ou de prendre part à la vie sociale de leur village par crainte d’une contagion - inexistante - ou du mauvais oeil auquel est attribuée cette maladie dans les communautés locales.
Malgré le fait que le noma existe depuis des siècles, sa cause reste inexpliquée. La présence de certains virus avait été évoquée comme facteur pouvant préparer le terrain à des bactéries particulièrement agressives.
Une équipe de chercheurs de l’Université de Genève et des HUG (GESNOMA – Geneva Study Group on Noma) soutenue par la Fondation Gertrude Hirzel, se penche depuis 10 ans sur les causes de cette maladie. Grâce à un travail de longue haleine, mené principalement entre 2001 et 2006, et à des techniques microbiologiques de pointe, cette équipe a réussi à mettre en évidence le point de départ de la maladie ouvrant ainsi de nouvelles possibilités à une stratégie de prévention. Les premiers résultats de cette étude sont parus le 6 mars 2012 dans la revue PLoS Neglected and Tropical Diseases.
Comparer les enfants et leur mode de vie
«Notre stratégie a été la suivante, explique Denise Baratti-Mayer, responsable du programme GESNOMA. Nous avons formé du personnel sur place pour qu’il puisse identifier et étudier les phases aigues de cette maladie. Nous avons ensuite comparé les enfants malades à des enfants sains du même village et au même moment. Ceci afin de voir si les cas pathologiques se différenciaient des autres enfants du village par la présence de bactéries particulières ou si les enfants malades avaient une hygiène de vie ou des facteurs de risque différents de ceux de leurs camarades.»



» Share this page: