
Une interaction trophique, l’élément le plus simple d’un réseau alimentaire complexe, représentée ici par un Guêpier d’Europe avalant une abeille charpentière. Photo: Olivier Seydoux
Un groupe de chercheurs apporte un maillon supplémentaire à la compréhension des chaînes alimentaires. En démontrant que les contraintes phylogénétiques (relatives à l’évolution d’une espèce) sont plus importantes que le facteur de la taille dans l’architecture d’un réseau trophique, les scientifiques dépassent les idées acquises.
Imaginez une carte routière où les agglomérations seraient les espèces vivant dans un milieu naturel et où les voies de circulation relieraient les prédateurs et leurs proies. Vous obtenez un réseau alimentaire – ou réseau trophique – représentant qui mange qui dans une communauté d’espèces. Ces réseaux sont importants en écologie: ils caractérisent l’architecture des interactions à la base de la biodiversité et du fonctionnement des écosystèmes. Bien que d’ordre fondamental, les résultats de l’étude menée par le Louis-Félix Bersier prouvent aujourd’hui que les espèces peuplant les systèmes naturels ne doivent pas être considérées simplement comme des entités interchangeables en fonction de leur taille, mais plutôt comme des éléments uniques résultant d’un long et riche processus d’évolution. Il est donc indispensable de protéger cette diversité pour que les écosystèmes continuent de fournir les services à la base de notre existence, tels que la production de biomasse et d’oxygène ou la pollinisation des cultures.
Un facteur peu étudié
L’étude de la structure des réseaux trophiques passionne les écologistes depuis des décennies. Il a été montré que leur architecture n’est pas aléatoire, mais suit des règles de construction bien définies. Si ces règles sont acceptées, on continue de débattre des facteurs explicatifs. Une observation courante est que les prédateurs sont généralement plus grands que leurs proies. Il existe ainsi, entre les espèces peuplant un milieu naturel, une hiérarchie des tailles qui dicte qui peut manger qui (notons que cette hiérarchie est inversée pour le monde des parasites). Cette idée très simple a influencé de manière considérable la recherche théorique sur les réseaux: leur architecture peut être reproduite fidèlement par des modèles basés sur une hiérarchie des tailles.





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