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Des bactéries pour améliorer la résistance du maïs
6 September 2011 - UNINE
Des plantes de maïs auxquelles on a inoculé des bactéries naturellement présentes dans le sol affichent une meilleure résistance contre un champignon pathogène et voient le nombre d’attaques de certaines chenilles herbivores considérablement diminuer. C’est la première fois que ce double effet est démontré sur le maïs. Le fruit de ces recherches menées à l’Université de Neuchâtel sous la direction de Brigitte Mauch-Mani est présenté au congrès PR-IR 11 sur les défenses des plantes.
Le champignon pathogène provoquant une maladie nommée anthracnose provoque des dégâts dans les céréales du continent nord-américain, notamment dans les années 1970. « Colletotrichum graminicola ne touchent pas seulement les cultures. Ses ravages se propagent aussi sur les terrains de golf, parcs et jardins privés où le gazon vire vers une couleur brune peu engageante, relève Dirk Balmer, doctorant dans le laboratoire de biologie moléculaire et cellulaire, et co-auteur de l’étude. En Europe, le problème est heureusement moins grave, car les variétés cultivées sur ce continent sont naturellement moins sensibles à cette maladie.»
Pour tester un moyen d’améliorer la résistance du maïs à ce pathogène, Chantal Planchamp, autre co-auteur principale du travail et doctorante au sein du même groupe, a inoculé à la plante une bactérie du sol du genre Pseudomonas. Ce microorganisme est connu pour coloniser facilement les graines et les racines du maïs, sans toutefois provoquer de dommage à la plante. La bactérie agit un peu à la manière d’un vaccin, freinant la prolifération du champignon pathogène. De plus, il s’avère que la présence de cette bactérie parvient à limiter les attaques de la chenille herbivore.
L’origine de cette double action de protection du maïs doit encore être élucidée, notamment au travers de l’analyse des mécanismes activés par la plante, comme la production d’hormones ou de métabolites spécifiques
Parallèlement aux expériences de Chantal Planchamp, Dirk Balmer a voulu savoir comment la plante réagissait face à une infection de C. graminicola. Il apparaît ainsi qu’une infection ayant lieu au niveau des racines déclenche d’importantes réactions de résistance qui vont jusqu’aux feuilles. Un effet dans le sens inverse, mais dans une moindre mesure, a été également relevé. « C’est la première fois qu’une étude démontre des effets de résistance systémique provoqués par cette infection. Cela a été possible parce que le champignon s’attaque aussi bien aux feuilles qu’aux racines du maïs», note encore Dirk Balmer.
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