Les Suisses mangent trop salé: une étude de l’UNIL-CHUV

© Amanda Siska

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La population consomme nettement plus de sel que ne le conseille l’OMS. Tels sont les résultats d’une étude inédite menée par, entre autres, le Fred Paccaud, directeur de l’IUMSP, la Murielle Bochud de l’IUMSP et le Michel Burnier, chef du Service de néphrologie du CHUV.

Les Suisses mangent salé
Pratiquement 80% des femmes et 94% des hommes ingèrent plus que les 5 grammes de sel par jour fixés comme plafond par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les hommes absorbent en moyenne 10.6 grammes de sel par jour et les femmes 7.8 grammes. Ces résultats justifient la stratégie conçue par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour la période 2008-2012. Une stratégie qui vise une réduction à 8 grammes par jour, puis une stabilisation à 5 grammes, norme fixée par l’OMS.

Pain et fromage, sources de sel peu identifiées
La forte majorité des participants connaissent le rôle néfaste du sel sur la santé. En revanche, seul 1 participant sur 5 est capable d’évaluer correctement sa propre consommation. Les grands consommateurs ont tendance à la sous-estimer, tandis que les petits la surestiment. De plus, les résultats soulignent une mauvaise appréciation des principales sources de sel dans l’alimentation. Comme première source, les participants à l’enquête ont désigné la nourriture précuisinée et les fast food, devant le sel ajouté à table et la viande. Si 80% du sel ingéré provient d’aliments préparés par d’autres personnes que le consommateur, la population sous-estime le rôle du pain et du fromage, qui sont en Suisse les deux principales sources de sel. à cause de cette grande quantité de sel «caché» dans l’alimentation, les spécialistes de la prévention recommandent principalement la diminution de la teneur en sel dans tous les aliments préparés à l’extérieur de la maison.

Etude exemplaire portant sur la population
Près de 1500 personnes de plus de 15 ans recrutées au hasard dans la population générale, de multiples analyses conduites dans 11 centres médicaux répartis sur tout le territoire suisse: il s’agit de la première investigation du genre en Suisse. La forte présence de sel dans l’urine est associée à une tension artérielle élevée, surtout chez les personnes plus âgées. Elle va également de pair avec un plus haut indice de masse corporelle (IMC). Réduire la quantité de nourriture, manger mieux et moins salé: une stratégie gagnante pour prévenir les maladies cardiovasculaires, première cause de décès en Suisse.

Référence : A. Chappuis, M. Bochud, N. Glatz, P. Vuistiner, F. Paccaud, M. Burnier. Swiss survey on salt intake: main results.



 
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