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Une équipe de scientifiques de l’Université de Genève (UNIGE) a manipulé et désarmé un virus de souris afin de le convertir en un vecteur de vaccin. Ce dernier peut induire une immunité jusqu’alors inégalée des cellules dites «T killer». La nouvelle technologie vaccinale mise au point par les chercheurs ouvre des perspectives prometteuses dans la lutte contre des maladies mortelles comme le VIH/SIDA, l’hépatite C, la tuberculose ainsi que certaines tumeurs. Ces résultats font l’objet d’une publication dans la dernière édition en ligne du journal Nature Medicine. Tandis que la poliomyélite, la variole et d’autres maladies ont été supprimées ou contrées par voie de vaccination, le monde attend toujours des vaccins contre le sida, l’hépatite C et d’autres infections mortelles. D’une certaine manière, produire des vaccins efficaces contre la poliomyélite et la variole représentait une tâche plus facile que celle à laquelle la communauté scientifique fait face aujourd’hui avec le VIH/SIDA et le virus de l’hépatite C (HCV); car les vaccins anti-poliomyélitiques et antivarioliques devaient seulement inciter le système immunitaire à produire des anticorps aptes à lier et inactiver les virus. En revanche, contre le VIH/SIDA, l’hépatite C et d’autres pathogènes persistants, les anticorps sont limités dans leur efficacité. A moins de s’associer avec une armada de cellules spécifiques, les «T killer». Un virus de souris fort comme un éléphant «Ce virus a recours à une astuce que nous ne connaissions pas encore», explique Daniel Pinschewer. «Sachant cela, nous avons tenté de le manipuler et de l’exploiter, afin qu’il pousse le système immunitaire à produire des cellules T killer en quantités astronomiques». L’initiative de ce groupe de chercheurs a été couronnée de succès, comme en atteste l’article paru cette semaine dans l’édition en ligne de la revue internationale Nature Medicine.«Sachant cela, nous avons tenté de le manipuler et de l’exploiter, afin qu’il pousse le système immunitaire à produire des cellules T killer en quantités astronomiques». L’initiative de ce groupe de chercheurs a été couronnée de succès, comme en atteste l’article paru cette semaine dans l’édition en ligne de la revue internationale Nature Medicine. Pour déclencher une forte réaction immune Celui-ci voyage d’une cellule à l’autre en formant de petites bulles que décore une protéine virale, à laquelle le virus a recours pour s’amarrer à de nouvelles cellules, avant de les pénétrer, de s’y lover, pour finalement s’y reproduire. Ainsi l’infection s’étend-elle. Daniel Pinschewer explique qu’en «recourant à de nouveaux outils créés dans notre laboratoire, nous avons pu apprivoiser le virus en lui ôtant cette protéine d’amarrage». Une fois la protéine supprimée, un espace est libéré à l’intérieur du virus, où il devenait possible d’implanter des protéines d’origine virale, bactérienne ou tumorale, contre lesquelles le système immunitaire doit se battre. C’est ce qu’ont effectué les chercheurs, afin d’induire la reconnaissance de n’importe quel pathogène dangereux par le système immunitaire, ceci sans qu’il y soit directement exposé. On retrouve bien là le principe même de toute vaccination, mais qui diffère en ceci que la fiche signalétique du pathogène dangereux est véritablement incorporée dans le corps estropié du virus LCMV, un corps qui conserve néanmoins sa capacité à stimuler le système immunitaire pour produire des hordes de cellules «T killer». Nouvelles perspectives de vaccins Cette nouvelle technologie vaccinale ne devrait pas se cantonner à lutter contre des infections virales persistantes, telles que le VIH et le HCV. Les cellules «T killer» forment aussi une composante essentielle de vaccins destinés à traiter des tumeurs ou à empêcher des maladies provoquées par des bactéries dissimulées à l’intérieur des cellules d’un hôte, comme la tuberculose par exemple. Les données publiées attestent le grand potentiel de vaccins qui seraient basés sur le virus LCMV, des vaccins qui seraient susceptibles de traiter ou d’empêcher un grand nombre de maladies. Enthousiasmés par ces découvertes testées sur des modèles animaux, les scientifiques du Centre américain de recherches sur les vaccins des Instituts nationaux de santé (VRC/NIH), qui ont collaboré à ce projet, exploitent déjà la nouvelle plate-forme dans l’objectif d’élaborer un vaccin contre le sida. Il va sans dire que de nombreux essais doivent encore être effectués à grande échelle sur des volontaires humains, afin d’évaluer la portée de cette nouvelle technologie. Contact: prof. , au tél.: +41 22 379 59 45 et +41 79 694 51 21 Année 2010 |
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