Attention, bouchon! Mise au point d’un détecteur de vin bouchonné

 (Bild: Pixabay © CC0)

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La molécule responsable du goût de bouchon de certains vins est désormais clairement détectable: une nouvelle substance permet de détecter les anomalies dans le vin à l’état de traces. D’autres possibilités d’application existent pour la mise en évidence de pesticides ou même d’explosifs. C’est ce que révèle une étude que viennent de publier des chercheurs de l’Université de Fribourg, avec le soutien de l’Université de Bordeaux.

Un vin ’bouchonné’ est généralement dû à des molécules libérées par le bouchon de liège. Ces molécules sont souvent issues des fongicides avec lesquels le chêne-liège a été traité. Un réseau supramoléculaire poreux et spongieux permet de ’capter’ ces molécules du bouchon. Dès qu’elles sont présentes et se nichent dans les pores de la substance de détection, un signal visuel est émis. Concrètement, celle-ci n’est plus fluorescente, indiquant une dégradation de la qualité du vin.

Mise en évidence de pesticides ou d’explosifs
L’étude révèle également d’autres possibilités d’application. Ainsi, la substance réagit aussi à des pesticides ou herbicides autorisés dans certains pays, mais interdits en Suisse, dont on pourrait donc détecter des traces dans les légumes ou les fruits, par exemple. Sa structure grillagée réagit également aux explosifs. On peut donc envisager de l’utiliser dans les aéroports pour détecter des matières explosives, par exemple. La substance de détection peut être utilisée sous forme de solution (pour les jus de fruit notamment) ou sur une bande de papier. Compte tenu de sa capacité de régénération, elle peut ensuite être réutilisée pour d’autres mesures.

Une collaboration internationale
Cette étude scientifique vient d’être publiée dans le magazine Inorganic Chemistry (chimie inorganique). Elle a été menée sous la direction du Prof. Katharina M. Fromm et de Serhii Vasylevskyi, doctorant, du Département de Chimie de l’Université de Fribourg. Une partie des tests a été réalisée en France, à l’Université de Bordeaux, sous la supervision de Dr. Dario Bassani, de l’Institut des Sciences Moléculaires. Ce projet de recherche a par ailleurs bénéficié du soutien du Fonds national suisse.