Une nouvelle molécule pour combattre le diabète et l'obésité

Une nouvelle molécule pour combattre le diabète et l'obésité

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Le diabète de type 2 – la forme la plus répandue de diabète – se développe à une vitesse inquiétante, touchant plus de 180 millions de personnes actuellement dans le monde. Avec une obésité en constante augmentation - facteur de risque de l’apparition du diabète gras – cette maladie représente aujourd’hui un problème majeur de santé publique. Une nouvelle étude démontre que l’activation d’une protéine - TGR5 - permet de traiter le diabète de type 2 et de réduire la prise de poids.

Dans cette étude, une équipe de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), dirigée par Kristina Schoonjans et  Johan Auwerx, a caractérisé les effets métaboliques d’un activateur spécifique de TGR5 (INT-777). Au vu des résultats obtenus, il s’avère que cette molécule pourrait être un médicament d’avenir pour traiter à la fois le diabète et de l’obésité.

Les travaux découlent d’une précédente étude (2006) conduite par le même groupe dans laquelle il a été mis en évidence que les acides biliaires (des molécules endogènes impliquées dans la digestion), via l’activation de TGR5 dans le muscle et le tissu adipeux brun, sont capables d’induire une augmentation de la dépense énergétique et ainsi de traiter l’obésité chez des souris nourries avec une alimentation riche en graisses.   Dans cette nouvelle étude, le groupe de Kristina Schoonjans et de Johan Auwerx est allé plus loin dans la compréhension du rôle de la protéine TGR5. En effet, les auteurs ont mis en évidence que dans l’intestin grêle la protéine TGR5 contrôle la sécrétion d’une hormone intestinale appelée Glucagon-Like Peptide 1 (GLP-1) jouant un rôle très important dans la gestion de la fonction du pancréas et la régulation du taux de sucre sanguin. En plus de cette découverte, l’équipe de l’EPFL et ses collaborateurs ont développé un nouveau médicament activateur de TGR5, plus actif et plus spécifique que les acides biliaires. L’administration de ce composé en laboratoire a permis de traiter le diabète et de réduire la masse grasse. Les auteurs ont démontré que ces effets étaient liés à une augmentation de la sécrétion de GLP-1 et de la dépense énergétique.   Ces travaux sont d’un grand intérêt car ils ouvrent une nouvelle ère dans les possibilités du traitement conjoint du diabète de type 2 et de l’obésité. « Récemment, deux catégories de médicaments basés sur les propriétés de l’hormone GLP-1 ont été mis sur le marché pour le traitement du diabète de type 2. La première stratégie vise à augmenter les taux de GLP-1 en limitant sa dégradation par l’organisme. La seconde consiste à mimer les effets du GLP-1 en utilisant des médicaments activant le récepteur au GLP-1 (GLP-1R) », explique Charles Thomas, premier auteur de l’étude. Dans ce travail, le groupe de Kristina Schoonjans et de Johan Auwerx propose une troisième option thérapeutique visant à augmenter la sécrétion de GLP-1 grâce à des activateurs spécifiques du récepteur TGR5. Les effets obtenus par les auteurs sont d’autant plus spectaculaires qu’en plus de stimuler la sécrétion de GLP-1, l’activation de TGR5 par le INT-777 entraîne une augmentation de la dépense énergétique responsable d’une réduction simultanée de la masse grasse et de l’obésité.

Contact

Kristina Schoonjans, EPFL, +41 21 693 18 91, kristina.schoonjans at epfl.ch. Charles Thomas, EPFL, +41 21 693 09 84, charles.thomas at epfl.ch.

CW