20 ans du monitoring des oiseaux nicheurs répandus MONiR

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L’effectif de la Bergeronnette grise, espèce commune, a insidieusement dim

L’effectif de la Bergeronnette grise, espèce commune, a insidieusement diminué d’un cinquième au cours des 20 dernières années. De telles évolutions n’ont pu être détectées que grâce à des relevés systématiques menés tous les ans. photo © Ralph Martin

Chaque printemps depuis 20 ans, des centaines de bénévoles comptent les oiseaux nicheurs dans tout le pays pour la Station ornithologique de Sempach. Grâce à ce programme de surveillance, la Station ornithologique sait exactement comment évoluent les effectifs de nos oiseaux nicheurs et peut mettre en évidence des tendances à long terme. Ces « courbes de température » sont un instrument important pour la protection de la nature en Suisse.

Sempach. - La surveillance des effectifs de nos oiseaux nicheurs est une tâche centrale de la Station ornithologique suisse. C’est pourquoi elle a mis sur pied le « Monitoring des oiseaux nicheurs répandus » (MONiR) en 1999. Chaque année, des bénévoles recensent systématiquement tous les oiseaux qu’ils voient ou qu’ils entendent pendant la période de reproduction sur 267 carrés kilométriques répartis dans tout le pays. On peut ainsi extrapoler l’évolution des effectifs pour toutes les espèces d’oiseaux fréquentes pour l’ensemble du pays.

Au cours des 20 dernières années, une quantité impressionnante de données a été réunie : « Grâce au soutien fidèle de plus de 500 bénévoles, près de 1,3 million de territoires ont été recensés dans le cadre de MONiR, qui concernent près de 160 espèces », se réjouit Hans Schmid, responsable du MONiR de la Station ornithologique. Dans le rapport publié ce jour « État de l’avifaune en Suisse 2019 », plusieurs pages sont consacrées au 20e anniversaire du MONiR.

Ainsi, quelques déclins insidieux d’espèces fréquentes deviennent visibles : par exemple, au cours des 20 dernières années, la population de bergeronnette grise a peu à peu diminué d’un cinquième. D’autres espèces comme la mésange noire présentent en revanche de très fortes fluctuations annuelles, mais leur effectif reste stable à long terme. Ce n’est que grâce à des relevés systématiques menés année après année qu’on peut avancer de telles affirmations et qu’on peut distinguer entre des développements menaçants et des fluctuations à court terme inoffensives.

« Avec la base de données solide et complète du MONiR, nous pouvons montrer comment les effectifs de chaque espèce évoluent à long terme », explique Hans Schmid. L’état de l’avifaune reflète la relation de l’homme avec la nature. Les connaissances ainsi acquises avec le MONiR servent aussi de « thermomètre » pour la nature en général et sont donc un instrument important pour sa protection en Suisse.

Source
Rapport « État de l’avifaune en Suisse 2019 »
Rapport complet : www.vogelwarte.ch/etat