Des importations ciblées et une réduction du gaspillage limitent l'impact environnemental de l’alimentation

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 (Image: Pixabay © CC0)

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Comment l'impact environnemental de notre alimentation peut-il être réduit? Agroscope a calculé que l'impact environnemental pouvait être amélioré si les denrées alimentaires étaient importées de pays où la production agricole était particulièrement respectueuse de l'environnement. Il est encore plus efficace d’éviter les pertes et les déchets alimentaires.

Les importations de denrées alimentaires ont un impact significatif sur l’environnement. Si l’agriculture suisse réduit sa production en conservant une consommation constante et qu’il faut donc importer davantage, l’impact environnemental global augmente. En effet, la réduction des impacts environnementaux en Suisse se traduit souvent par des impacts plus négatifs dans les pays d’origine des importations. C’est le cas en particulier si les conditions de production dans d’autres pays sont moins favorables qu’en Suisse, par exemple en raison de la pénurie en eau ou de la déforestation.

Analyse de deux mesures d’amélioration

Cependant, il existe des possibilités pour réduire les impacts environnementaux indésirables du panier-type suisse de produits agricoles. Les chercheurs-euses d’Agroscope ont étudié deux mesures plus en détail: premièrement, le choix de pays spécifiques pour les importations dans lesquels la production agricole est particulièrement respectueuse de l’environnement. Deuxièmement, la prévention des pertes et des déchets tout au long de la chaîne alimentaire jusqu’à la consommation, ce qui conduit à une diminution des importations.

En plus des recherches bibliographiques, les chercheurs-euses se sont basés sur deux scénarios pour calculer à quel point les impacts environnementaux changeraient si ces deux mesures étaient appliquées. Le premier scénario maintient le système actuel des prestations écologiques requises PER et le système de paiements directs jusqu’en 2025, tandis que le second simule une agriculture suisse plus extensive avec des volumes de production plus faibles, une agriculture qui renonce en grande partie aux pesticides et dans laquelle les effectifs animaux sont réduits par rapport aux chiffres actuels. Dans les deux scénarios, les 25 % de produits importés les moins favorables ont été remplacés par des alternatives provenant d’autres pays d’origine et les pertes et les déchets alimentaires ont été minimisés.

Les conditions géographiques et la législation sont importantes pour les importations

L’étude confirme que les deux mesures ont un effet positif sur l’impact environnemental de l’alimentation. Cependant, leur efficacité varie. L’optimisation des pays d’origine des importations a surtout un effet positif sur les impacts environnementaux qui sont liés au site. Les contingences géographiques, telles que la disponibilité de l’eau, sont particulièrement importantes, de même que savoir à quel point la biodiversité est menacée. Ici, selon le scénario utilisé, la pollution peut être réduite de 16 à 27 %. En ce qui concerne les autres impacts environnementaux, ou surtout aussi les denrées alimentaires d’origine animale, cette mesure a un effet moins évident. C’est la législation qui détermine à quel point les pays d’origine des importations respectent l’environnement. Celle-ci régit, entre autres, l’autorisation des produits phytosanitaires.

La réduction du gaspillage a toujours un effet positif

En revanche, la prévention des pertes et des déchets alimentaires est une mesure qui a toujours un effet positif. Elle réduit les impacts environnementaux du panier-type suisse de produits agricoles de 11 à 38 % sans effets secondaires indésirables, dans le cas de la déforestation, la réduction va même jusqu’à 87 %. Moins de gaspillage dans le cas des produits d’origine animale réduit davantage les impacts environnementaux que dans le cas des produits d’origine végétale. Le comportement des consommateurs a donc également une influence sur l’impact environnemental de notre alimentation.

Le soutien de la politique, ainsi que celui des consommateurs-trices est essentiel

L’étude Agroscope montre également que même si les deux mesures étaient appliquées, une agriculture extensive avec une production indigène plus faible aggraverait la plupart des impacts environnementaux de l’alimentation suisse. L’étude met en évidence que les améliorations possibles dépendent beaucoup des conditions cadres politiques et du comportement des consommatrices et des consommateurs. Il est par exemple possible d’éviter le gaspillage tout au long de la chaîne alimentaire: chacune et chacun d’entre nous peut y contribuer.

Documents

  • ’Einfluss von Import-Herkunftsländern und Nahrungsmittelverlusten auf die Umweltwirkungen des Schweizer Agrarsektors’ (résumé en français)


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