«Il est essentiel de se fixer des priorités stratégiques et de les remettre de temps en temps en question»

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En qualité de nouveau directeur, Martin Ackermann a découvert des facettes inconEn qualité de nouveau directeur, Martin Ackermann a découvert des facettes inconnues de l’Eawag. Il connaît parfaitement les forces de l’institut de recherche.


Martin Ackermann a pris la direction de l’Eawag et sa fonction de directeur en début d’année. Il dévoile dans notre interview en «trois questions» comment s’est passé son arrivée et ce qu’il prévoit pour l’institut suisse de recherche sur l’eau Eawag.

Vous travaillez à l’Eawag depuis 13 ans, et à présent vous dirigez l’institut de recherche en tant que directeur. Comment vivez-vous ce changement?

Je connais les collaborateurs et la culture de l’Eawag - mais les thèmes sur lesquels je travaille à présent sont tout nouveaux. Le développement de notre institut et le contact avec l’extérieur sont désormais prioritaires. Ces deux dernières semaines, j’ai pris connaissance de projets de l’Eawag, d’idées et d’applications que je ne connaissais pas encore.

Mais je connaissais déjà l’ambiance et la culture de l’institut de recherche sur l’eau. Je sais que les collègues sont ouverts et habitués à prendre les choses en main ensemble. C’est beau et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’étais si motivé pour postuler à ce poste.

Quels sont vos plans pour l’Eawag - y a-t-il du nouveau, que gardez-vous?

Le changement à la direction est un bon moment pour faire un bilan et nous demander si notre orientation stratégique est juste. Y a-t-il des questions que nous devons aborder ensemble? Et d’autres auxquelles nous avons répondu suffisamment et que nous pouvons clore? Il est essentiel de se fixer des priorités stratégiques et de les remettre de temps en temps en question. L’important est que la direction ne peut et ne doit pas le faire seule. Nous avons besoin pour cela d’une discussion stratégique sur toute l’institution, avec nos partenaires du Domaine des EPF et avec nos stakeholders.

Mais ce qu’il nous faut préserver à tout prix et continuer à développer c’est
la bonne réputation de l’Eawag!


Les experts et les organisations de la pratique, en Suisse et à l’étranger, apprécient l’Eawag comme un centre de compétence innovateur et fiable dans le secteur de l’eau. Et grâce à son excellent environnement de recherche, l’Eawag a toujours réussi à recruter de remarquables jeunes chercheuses et chercheurs. Nous devons absolument conserver ces deux atouts et les développer afin de rester forts et efficaces à long terme.

Y a-t-il des défis particuliers auxquels vous êtes confronté en tant que nouveau directeur?

En notre qualité d’institut de recherche environnementale, nous avons deux grands défis à relever. Premièrement, des changements environnementaux importants et rapides sont en cours. Les effets du changement climatique sont devenus évidents et le rythme des changements s’accélère. Cela vaut aussi pour la perte de biodiversité, qui est particulièrement prononcée dans les cours d’eau douce. Nous devons être agiles pour y faire face. Nous devons intégrer rapidement les nouvelles connaissances et les nouveaux développements et délivrer rapidement une estimation scientifique.

Le second défi est que de nombreux problèmes environnementaux ont pour origine des conflits de ressources, et qu’il n’existe par conséquent pas de solutions simples. Souvent, l’eau est le problème central. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la Suisse mise sur l’énergie hydraulique et collecte de l’eau dans des lacs de retenue - mais de ce fait, elle manque aux organismes des ruisseaux et des rivières, mais aussi à l’agriculture. Pour prendre de bonnes décisions face à de tels conflits d’objectifs, la politique et l’administration ont besoin d’estimations scientifiques interdisciplinaires. Je considère que c’est l’une des missions centrales de l’Eawag.

L’Eawag est en bonne voie pour maîtriser ces problématiques. Nous sommes agiles et pouvons suivre le rythme des évolutions rapides dans le secteur environnemental. Le travail interdisciplinaire et les relations étroites avec d’autres institutions et parties prenantes sont profondément ancrés dans l’esprit de nos chercheuses et chercheurs. Cela nous permet de fournir des bases scientifiques pour les futures décisions politiques et sociétales décisives.

Créée par Simone Kral