Former et promouvoir ensemble la prochaine génération de biomédecins

- EN- DE- FR - IT
Les scientifiques profitent des effets de synergie de la collaboration entre l&r
Les scientifiques profitent des effets de synergie de la collaboration entre l’ETH Zurich et Roche dans les nouveaux programmes. (Photo : ETH Zurich / Gian Marco Castelberg)

L’ETH Zurich et Roche s’associent. Sur le site de Bâle, ils développeront ensemble de nouvelles méthodes qui faciliteront la recherche de médicaments. Et ensemble, ils formeront des spécialistes pour les défis biomédicaux de notre époque.

L’ETH Zurich et l’entreprise Roche vont collaborer plus étroitement dans le cadre de deux nouveaux programmes de recherche et de formation. L’accent sera mis sur le développement et l’application de nouvelles méthodes de bioingénierie ainsi que de nouveaux systèmes de modèles cellulaires et génétiques humains. Les deux partenaires espèrent que ces technologies d’avenir leur permettront de mieux étudier, comprendre et influencer les mécanismes moléculaires des organes humains sains et malades. De tels modèles sont en effet considérés comme des outils performants pour trouver de nouvelles cibles moléculaires pour des thérapies potentielles et pour pouvoir tester l’efficacité de médicaments potentiels.

"Une telle collaboration entre l’université et l’industrie est unique", déclare Vanessa Wood, vice-présidente du transfert de connaissances et des relations économiques de l’ETH Zurich. "Elle permet à l’ETH Zurich de faire en sorte que ses recherches de premier ordre dans le domaine biomédical soient directement intégrées dans le développement de thérapies dont les patients peuvent bénéficier".

La collaboration se déroulera principalement sur le site de Bâle. C’est là que se trouvent le Département des biosystèmes de l’ETH Zurich, le secteur Pharma Research and Early Development de Roche ainsi que son nouveau site externe Institute of Human Biology call_made. Ces derniers sont au cOEur de la coopération de recherche.

Exploiter les effets de synergie des deux mondes

Parmi les deux nouveaux programmes de recherche, l’un s’adresse aux doctorants, l’autre aux post-doctorants. Il est prévu d’intégrer jusqu’à 20 doctorants et 20 post-doctorants dans les programmes sur une durée provisoire de trois à quatre ans. Ces scientifiques collaboreront avec des collègues de l’ETH Zurich et de Roche sur les sites respectifs des deux institutions partenaires. Ils auront ainsi accès au savoir-faire et à l’infrastructure des deux partenaires et acquerront des connaissances spécifiques tant du monde académique que de l’industrie pharmaceutique.

"Les capacités uniques et les solides réseaux d’experts de Roche et de l’EPF nous permettront d’accélérer l’innovation et de relever les défis actuels et futurs de la médecine translationnelle. Nous sommes convaincus que notre partenariat nous permettra d’attirer certains des meilleurs chercheurs du monde pour travailler avec eux", a déclaré Hans Clevers, responsable Pharma Research and Early Development de Roche.

L’ETH Zurich et Roche soutiennent les deux programmes de recherche en mettant à disposition les connaissances et l’expertise de leurs collaborateurs ainsi que leur infrastructure de recherche. Roche financera entièrement les postes de doctorants et de post-doctorants ainsi que les projets de recherche communs.

Recherche sur les organoïdes

Dans le cadre du programme, les doctorants auront la possibilité d’apprendre et de développer de nouvelles méthodes dans les domaines de la biologie humaine, de l’ingénierie moléculaire, cellulaire et tissulaire ainsi que de l’analyse des big data. "Notre nouveau partenariat solide avec Roche encourage les futurs leaders dans les domaines de la bioingénierie et de la médecine translationnelle", explique Daniel Müller, professeur et directeur du Département des biosystèmes de l’ETH Zurich.

La recherche sur les systèmes cellulaires modèles pour l’homme est déjà un pilier important de la recherche tant du Département des biosystèmes de l’EPF que du Roche Institute of Human Biology. La culture de tissus en 3D, qui utilise des organoïdes, fait partie de ces systèmes de modèles cellulaires. Il s’agit d’agglomérats de tissus de quelques millimètres, composés typiquement de quelques milliers de cellules. Les organoïdes ont une structure tissulaire similaire à celle des organes du corps humain. Ils sont donc particulièrement adaptés à l’étude des mécanismes moléculaires dans les organes humains sains et malades et à la création de modèles in vitro complexes de maladies.

Modèles pour les maladies neurologiques

Dans le cadre de la nouvelle coopération, il est prévu de créer des modèles de culture cellulaire pour les maladies neurologiques et les maladies intestinales. En outre, la technologie des organoïdes doit être fondamentalement développée et reliée de manière automatisée à des méthodes modernes d’analyse du génome et à des techniques de microscopie. Il s’agit notamment de méthodes si précises qu’elles permettent d’analyser des cellules individuelles. Enfin, de nouveaux algorithmes d’apprentissage automatique devraient permettre d’évaluer plus facilement les grandes quantités de données générées par ces analyses.

Tout cela contribuera à mieux comprendre les différences entre les cellules et les organes normaux et pathologiquement modifiés et à analyser de manière économique les cellules et les tissus de ces modèles de maladies in vitro dans des procédés à haut débit et à tester l’efficacité de médicaments potentiels - sans devoir recourir à l’expérimentation animale.

Nouvelles méthodes pour la thérapie génique

Dans le cadre du programme postdoctoral, il sera question de recherche fondamentale et appliquée dans le domaine des systèmes modèles et des thérapies humaines basées sur les gènes, les cellules et les organoïdes. Il s’agit par exemple de développer des organoïdes comme systèmes modèles pour la recherche sur les maladies oculaires ou sur les inflammations du tissu nerveux dans les maladies neurodégénératives. En outre, des méthodes de thérapie génique sont développées, grâce auxquelles des segments d’ADN peuvent être administrés à des organes spécifiques à des fins thérapeutiques.

Il est possible de postuler dès maintenant pour les premiers postes du programme doctoral. Les projets du programme pour post-doctorants seront mis au concours ultérieurement.

Fabio Bergamin