L’EPFL récompense une défenseuse du climat

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Antje Boetius, lauréate du Prix Erna Hamburger 2019 © 2019 EPFL

Antje Boetius, lauréate du Prix Erna Hamburger 2019 © 2019 EPFL

L’EPFL WISH Foundation décerne cette année le Prix Erna Hamburger à la biologiste marine allemande Antje Boetius.

Une fois encore le Prix Erna Hamburger distingue une scientifique exceptionnelle: la biologiste marine allemande Antje Boetius. Sa brillante carrière l’a menée de l’Université de Hambourg au prestigieux Institut Max Planck de microbiologie marine de l’Université de Brême où elle est aujourd’hui professeur et à l’Institut Alfred Wegener du Centre Helmholtz de recherche polaire et marine (AWI) qu’elle dirige. Grande défenseure de la cause climatique, lauréate de la Croix Fédérale du Mérite en 2019, cette scientifique d’exception vient d’être nommée conseillère du gouvernement allemand sur les questions climatiques.

A ses nombreuses distinctions s’ajoute désormais le Prix Erna Hamburger, du nom de la première femme nommée professeure dans une école polytechnique suisse, en l’occurrence à l’EPFL en 1967. Il est remis chaque année à une brillante scientifique par l’EPFL WISH Foundation.

Antje Boetius a été la première scientifique à décrire l’oxydation anaérobie du méthane. Elle considère que les premières formes de vie terrestre ont pu subsister grâce au méthane en l’absence d’oxygène moléculaire. Elle a également suggéré que de telles formes de vie pourraient être capables de réduire le rythme du changement climatique à l’avenir. En effet, l’impact du méthane comme gaz à effet de serre est 25 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone. Ces microorganismes responsables de la dégradation du méthane existent en grandes quantités au fond des océans et empêchent que les rejets de méthane des océans ne s’échappent dans l’atmosphère.

L’éminente scientifique, surnommée Madame «Marie Curie de la mer» a également coordonné de nombreuses expéditions tant marines que dans les régions polaires et pu mesurer de visu les effets du réchauffement climatique. La petite-fille d’un chasseur de baleines met en évidence les relations entre l’état des océans et les activités humaines. Ainsi, l’effondrement de la population des cétacés, entamé au 19e siècle, et ses conséquences sur l’écosystème marin, y compris sur les micro-organismes. Scientifique engagée aussi dans la dissémination du savoir, Antje Boetius regrette que «la science parle» mais que «personne n’écoute». Et de rappeler : «Sans les océans, nous ne pouvons pas exister.»

Remise du prix le 6 novembre dès 17 heures, au STCC. Entrée libre sur inscription: