La consommation de drogue demeure inchangée dans les villes suisses

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Christoph Ort et Ann-Kathrin McCall étudient la stabilité des résidus de drogues

Christoph Ort et Ann-Kathrin McCall étudient la stabilité des résidus de drogues dans les égouts pour pouvoir estimer la consommation de stupéfiants à partir de l’analyse des effluents. (Photo : Eawag, Aldo Todaro)

Dans le cadre d’un grand projet européen d’étude sur la consommation de drogue, les eaux usées d’environ 38 millions de personnes, recueillies dans 85 villes, ont été analysées. Pour ce faire, les chercheurs ont collecté, chaque jour pendant une semaine, des échantillons prélevés dans les bassins versants de 97 stations d’épuration. Pour la Suisse, les analyses et évaluations des eaux usées ont été effectuées par l’Université de Lausanne et par l’Eawag. L’objectif était de déceler dans les eaux usées des traces de quatre drogues illicites, à savoir : les amphétamines, la cocaïne, la MDMA (ecstasy) et les méthamphétamines.

Les grandes villes suisses « brillent » par des valeurs supérieures à la moyenne

« Pour les villes suisses, les quantités de cocaïne et de MDMA mesurées se situaient dans la même plage de valeurs que les années précédentes », déclare Christoph Ort qui est responsable de l’assurance qualité pour le consortium international. Ceci montre que la consommation totale dans les villes participantes Berne, Bâle, Genève, Saint-Gall et Zurich reste nettement supérieure à la moyenne européenne. La consommation d’amphétamines dans les villes suisses se situe par contre légèrement, voire nettement, inférieure à la moyenne en comparaison européenne.

De manière générale, les résultats montrent que la consommation de drogues est plutôt en progression par rapport à l’année 2017 : Les traces décelables de cocaïne (benzoylecgonine) et de MDMA ont augmenté dans de nombreuses villes. Presque toutes les villes ont également enregistré une augmentation des résidus d’amphétamines, qui varient toutefois fortement selon les sites d’étude et ont un niveau élevé en particulier dans les villes d’Europe du Nord et de l’Est. Traditionnellement concentrée en République Tchèque et en Slovaquie, la consommation de méthamphétamine semble aujourd’hui progresser aussi à Chypre, dans l’Est de l’Allemagne, en Espagne et en Europe du Nord.

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