Le chaos synchronisé des atomes en trois minutes

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Margaux Larcher, Rita Drissi Daoudi et Stephane Le Fouest, lauréats de Ma thèse

Margaux Larcher, Rita Drissi Daoudi et Stephane Le Fouest, lauréats de Ma thèse en 180 seconde EPFL © 2020 Alain Herzog

Les présentations de la 5e finale EPFL du concours Ma thèse en 180 secondes, qui s’est tenue à huis clos hier soir en raison du coronavirus, étaient de haut vol. Deux doctorantes du même laboratoire en science des matériaux ont finalement convaincu le jury et se qualifient pour la finale suisse.

Quel est le lien entre un groupe de militaires marchant au pas, un groupe d’enfants jouant dans une cour d’école et un trombone ’ Margaux Larcher, doctorante au Laboratoire de métallurgie thermomécanique, a su trouver les mots justes, le ton enjoué et une note d’humour pour expliquer en trois minutes comment le déplacement apparemment désordonné des atomes dans le matériau à mémoire de forme qu’elle étudie est en fait synchronisé. Un sujet pointu qui a pris vie, avec les métaphores bien choisies de soldats et d’enfants dans une cours de récréation pour imager le déplacement des atomes, et captivé jury et spectateurs de la finale EPFL du concours Ma thèse en 180 secondes. Une prestation qui aurait assurément suscité des applaudissements nourris en temps normal. Mais hier soir les 600 sièges du Forum Rolex était bien vides puisque l’événement s’est déroulé à huis clos - devant moins de 50 personnes - en raison des directives liées au Coronavirus. Un Facebook live a cependant permis à un public plus large de suivre l’événement et de voter pour le prix du public (les votes sont encore possible jusqu’à ce soir 18h).

Les matériaux étaient décidément à l’honneur hier soir au Forum Rolex puisque la collègue de laboratoire de Margaux Larcher, Rita Drissi Daoudi, s’est hissée à la seconde place. À l’écoute des murmures de l’impression des métaux en 3D, elle met au point une technique pour repérer les défauts de fabrication. Ce repérage sonore systématisé pourrait permettre de corriger les imperfections durant la production et éviter par exemple que des pièces d’avion ou de prothèses de hanche défectueuses ne sortent des chaines de fabrication. Pour la première fois, l’EPFL aura donc une double représentation féminine à la finale suisse qui devrait se tenir le 26 mai au Forum Rolex de l’EPFL.

Le troisième prix est revenu à Sebastien Le Fouest. Les éoliennes à axe de rotation vertical sont plus compactes et plus polyvalentes que celles, plus communes, à rotation horizontale. Elles pèchent cependant par leur fragilité. Le doctorant du Laboratoire de diagnostic des écoulements instationnaires, usant de sa personne pour montrer au public les diverses contraintes du vent, étudie les vortex qui se forment autour des pales afin d’améliorer le système. Ce doctorant du Laboratoire de diagnostic des écoulements instationnaires avait déjà remporté le prix du public lors des sélections, tout comme Alice Gillen, du Laboratoire de nanobiotechnologie, dont les capteurs pourraient permettre de délivrer en permanence la bonne dose de dopamine au personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Des prestations de haut vol

Comme l’a relevé Marilyne Andersen, professeur ENAC et présidente du jury, le niveau des candidats de cette édition était particulièrement élevé. « Les excellentes présentations se succédaient à tel point que nous avons eu très souvent l’impression que ce serait le vainqueur avant qu’une autre ne vienne nous faire douter de cette conviction », a-t-elle souligné. Les 14 doctorants sélectionnés pour cette finale ont su résumer avec brio un travail de thèse de plusieurs années. L’occasion pour le public, dans la salle et à distance, d’en apprendre davantage sur le transport par des cellules de médicaments contre la maladie d’Alzheimer, une sonde magnétique pour un réacteur à fusion nucléaire, le refroidissement des piles à hydrogène et bien d’autres sujets d’apparence parfois austère qui sont devenus accessibles et passionants grâce au talent d’orateur et au travail des doctorants.