Les futurs architectes de l’EPFL investissent les parcs genevois

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Vernier. © Jamani Caillet / 2021 EPFL

Vernier. © Jamani Caillet / 2021 EPFL

Quatre sites du canton de Genève accueillent tout l’été les constructions des étudiantes et étudiants de première année en architecture de l’EPFL: Genthod, Aigues-Vertes, Vernier et Onex. Des événements adaptés aux règles sanitaires y prendront place.

Les Genevoises et Genevois et les touristes de passage ont l’occasion de découvrir depuis le 2 juin à Genève le travail des futur·e·s architectes de l’EPFL. Installés sur quatre sites genevois et préfabriqués à la Rasude, à Lausanne, leurs Houses/Gardens en bois racontent chacune une histoire, tout en formant une balade urbaine entre eux, à effectuer à vélo ou à pied. Chacune des installations accueillera tout l’été des événements réunissant des groupes de taille modeste, afin de respecter les normes sanitaires en vigueur. Plusieurs collaborations sont en cours, dont une avec Walter el Nagar, le chef du restaurant social Refettorio, à Genève. L’inauguration officielle du projet s’est tenue du 2 au 3 juin.

Dans le parc Lullin et aux Bains des Saugy à Genthod, les projets s’inscrivent dans le cadre d’OPEN HOUSE, une manifestation qui met en scène des formes innovantes ou originales d’habitat et d’occupation sensible au territoire. Les étudiantes et étudiants ont ainsi imaginé I-Land - une île qui a pour ambition de reconstituer un écosystème propice au bien-être des oiseaux sur les eaux du lac Léman - et le Héron - un accès à l’eau, qui offre une transition entre la terre ferme et le lac, et qui résonne avec d’autres installations plus loin en aval, dans les boucles du Rhône.

Fondation Aigues-Vertes, Bernex Sur le territoire de Bernex et du village d’Aigues-Vertes, qui accueille des personnes en situation de handicap, les étudiantes et étudiants ont adopté une approche en étapes depuis le coeur du village jusqu’aux abords du Rhône, avec sept interventions, issues de l’observation précise du territoire. En lien avec les activités des ateliers d’Aigues-Vertes, les étudiantes et étudiants ont rendu un mur existant habitable, ont planté un arbre et installé un jardin-forêt sur une pente érodée. Plus loin, une tour à eau active le pouvoir filtrant des sédiments et une jetée est apparue autour d’un tronc naufragé; une scène de théâtre émerge des eaux du Rhône et un observatoire apparaît à l’orée d’une forêt.

Moulin des Frères, Vernier Situé entre le Rhône et le Bois de la Grille, le lieu-dit «Au Moulin» accueille un parc public récent très fréquenté. Sur cette même parcelle cohabitent également une riche biodiversité issue des berges fluviales et une zone d’habitat associative. Les ruines présentes sur le site ont alimenté les hypothèses de projet: raviver le mythe du moulin à eau disparu, s’inspirer de sa typologie constructive en bois et de sa connexion au fleuve. À l’échelle territoriale, la structure se situe dans le parc du Rhône sur une frontière ville-campagne au coeur des enjeux de développement de la ville. Le projet s’implante dans un méandre du fleuve, à mi-chemin entre le centre-ville de Genève et le barrage de Verbois. Un endroit stratégique pour une pause lors des descentes à la nage, paddles ou autres constructions flottantes. 

Bois Carrien, Onex A la manière des parcs à Folies du 18e siècle, le Bois Carrien à Onex est ponctué par une série d’interventions allant des bords humides et arborés du Rhône, jusqu’aux lisières du quartier plus urbain et minéral des Grandes Communes. A proximité du coeur de ville, cette forêt sera devenue, le temps d’une année en semi-confinement, un véritable terrain de jeu et d’expérimentation pour les étudiants en architecture, en soif d’aventures collectives et de construction en plein air. Le thème Paysage domestique. Habiter le Bois Carrien leur a permis de réaliser des objets ponctuels, structures légères et démontables en ossature bois, toutes pensées sur le même procédé constructif. Les projets, allant du pont à l’abri, sont tous habitables et appropriables à souhait par le grand public, venu ici pour échapper à la densité et aux îlots de chaleur urbains.

Préfabrication à Lausanne La fabrication des modules a connu une phase préliminaire à Lausanne, dans le bâtiment de la Rasude. La fondation LABOR, qui en fait un laboratoire éphémère, a proposé d’y accueillir les étudiantes et étudiants de l’EPFL deux années de suite, avant la destruction du bâtiment. Les installations ont ensuite été terminées dans le parc Lullin de Genthod à l’occasion d’une résidence d’une semaine des étudiantes et étudiants. Un système de scierie mobile, développé par le projet «Les Deux Rivières», basé à Genthod, a été mis à leur disposition. Cette scierie a permis de construire une partie des éléments structurels sur place, à partir de troncs d’arbres déjà coupés et trouvés sur les sites de projet. Une manière de considérer le bois d’un point de vue cyclique et d’aborder la question de la protection de l’environnement. 

Exploration du lac Léman

Avec ces installations, l’équipe de première année d’architecture de l’Atelier de la conception de l’espace (ALICE), menée par la responsable académique Teresa Cheung, ainsi que les professeurs Dieter Dietz et Daniel Zamarbide, poursuit son exploration architecturale du lac Léman sur le thème des jardins entamée en 2019, avec une redécouverte des rives d’Evian-les-Bains. En suivant l’axe du Rhône, la région genevoise s’est imposée comme nouveau terrain d’expérimentation. L’année dernière, en raison des restrictions sanitaires, les conditions n’ont pas permis aux étudiantes et étudiants de construire collectivement le long des berges du Rhône et de l’Aare. Ils ont donc publié leurs projets sous la forme de The (Real) Book (Voir EPFL Actualités en lien). A noter qu’une partie des modules construits à Evian est toujours en place et fait l’objet d’un entretien régulier par les nouvelles volées d’étudiants, avec comme visée pédagogique l’adaptation à la durée d’une installation conçue originellement comme éphémère.