Viande bovine à l’herbe - comment rentabiliser la production?

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Vache-mère avec veaux (Christian Gazzarin, Agroscope)

Vache-mère avec veaux (Christian Gazzarin, Agroscope)

L'élevage de vaches-mères basé sur les herbages prend de plus en plus d'importance en Suisse. Jusqu'à présent, il était difficile de savoir quels systèmes de production étaient les plus rentables. Agroscope a donc analysé 42 exploitations de vaches-mères en régions de plaine et de montagne et propose deux stratégies pour optimiser la rentabilité: augmenter la productivité de la vache-mère ou se focaliser sur une réduction des coûts et sur la biodiversité.

Alors que la consommation de viande bovine est restée relativement stable en Suisse ces dernières années, la production issue de l’élevage de vaches-mères n’a cessé d’augmenter. Le nombre de vaches-mères a ainsi triplé au cours des 20 dernières années. La production conventionnelle de viande bovine en stabulation représente cependant toujours la plus grande part de la production.

Analyser et optimiser la rentabilité

Dans l’élevage de vaches-mères, il est difficile d’atteindre une rentabilité comparable à celle de l’élevage laitier, car cette branche ne produit que de la viande et ne commercialise pas de lait. L’objectif de l’étude était donc, d’une part, d’analyser en détail la situation économique de l’élevage de vaches-mères et, d’autre part, d’évaluer les optimisations possibles sur différents sites de production. Pour ce faire, Agroscope a comparé cinq systèmes de production standardisés et adaptés aux conditions locales (voir ci-dessous).

Augmenter l’efficacité ou réduire les coûts

L’étude montre qu’il existe deux possibilités d’optimiser la productivité de l’élevage de vaches-mères. Le potentiel varie en fonction du site. Soit on augmente la productivité de la vache-mère, par exemple en faisant allaiter à la vache des veaux supplémentaires à son propre veau, ce qui permet de vendre plus de veaux par vache. Soit les agricultrices et agriculteurs essaient de réduire les coûts et de fournir des prestations d’intérêt général pour préserver la biodiversité, prestations qui sont indemnisées par des paiements directs. Quelle que soit la stratégie, l’objectif est de maintenir l’avantage concurrentiel d’une production de viande basée sur les herbages et adaptée aux conditions locales. Cela implique notamment de minimiser l’importation d’aliments concentrés.

Potentiel des exploitations purement herbagères

Au vu des prix obtenus, les exploitations purement herbagères situées dans les régions de plaine et de collines, qui bénéficient de bonnes conditions de production fourragère ont un grand potentiel. Dans ces régions, le passage à une production intensive de Natura-Veal avec élevage de vaches nourrices (au moins deux veaux par vache et par an) pourrait générer des revenus nettement plus élevés que la production traditionnelle de Natura-Beef. De manière générale, les agricultrices et agriculteurs peuvent améliorer l’efficacité de leur élevage de vaches-mères s’ils élèvent des animaux plus fertiles et plus robustes.

Les exploitations de montagne sont plus rentables

Les résultats mettent en outre à jour des différences significatives entre les exploitations de plaine et les exploitations de montagne. En région de montagne, le revenu de l’élevage de vaches-mères est nettement supérieur à celui des exploitations de plaine, tant en valeur absolue que par hectare. Les coûts structurels élevés (p. ex. pour les bâtiments et les machines) se traduisent même, dans certains cas, par des revenus négatifs dans l’élevage de vaches-mères, surtout dans les petites exploitations de plaine. En revanche, dans les exploitations de montagne, la viande de boeuf à l’herbe est souvent une source de revenu principale, avec l’entretien du paysage en priorité et la viande comme sous-produit. La production pourrait toutefois être optimisée grâce à une génétique adaptée aux conditions locales, avec des vaches plus légères ou des taureaux offrant une meilleure couverture graisseuse. Dans les exploitations mixtes de plaine, l’élevage de vaches-mères n’est suffisamment rentable que si les coûts sont systématiquement maintenus à un niveau bas, notamment les coûts de main-d-oeuvre, de machines et d’aliments concentrés.

Les différents systèmes étudiés étaient les suivants: un système Natura-Veal intensif avec élevage de vaches nourrices (deux veaux vendus par vache et par an) dans la région des collines, un système Natura-Veal extensif et un système Natura-Beef dans la région de montagne, et enfin un système Natura-Beef et un système boeuf d’engraissement dans la région de plaine. Ce dernier vise de retarder l’âge d’abattage des veaux, entre 15 et 20 mois. Dans le système Natura-Veal, l’engraissement dure environ 5 mois et dans le système Natura-Beef, environ 10 mois. A l’exception de l’élevage de vaches nourrices, tous les systèmes vendent un peu moins d’un veau par vache et par an.

L’étude a été accompagnée par les centres de vulgarisation cantonaux d’Argovie, de Thurgovie, de Lucerne et des Grisons ainsi que par l’association «Vache mère Suisse». Le projet a été cofinancé par «Vache mère Suisse» et le Fonds Coop pour le développement durable. Agroscope a analysé en détail 42 exploitations professionnelles de vaches-mères, qui sont membres de la fédération et exploitent une branche de vaches allaitantes comptant au moins 18 unités gros bétail bovin. Hormis les exploitations à temps partiel et les exploitations de loisir, la taille des troupeaux de l’échantillon est très similaire à celle des exploitations de la fédération.

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