Biodiversité : La dispersion des espèces suit-elle toujours les mêmes règles ?

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Éventail des espèces utilisées dans le protocole expérimental de l’étude sur la dispersion des espèces. (Photos : Julien Cote)

Chez de nombreuses espèces, il n’est pas rare que des individus migrent au cours de leur vie afin de s’établir dans des habitats plus adaptés, un processus connu des écologues sous le nom de dispersion. Afin d’améliorer les prévisions scientifiques sur le futur de la biodiversité face aux changements mondiaux (tels que le changement climatique, la fragmentation des paysages ou les invasions biologiques), il est extrêmement important de comprendre les mécanismes de dispersion qui modulent l’adaptation des espèces à leur environnement. À l’heure actuelle, ce processus est très souvent simplifié dans les modèles prédictifs existants, sous-estimant ainsi l’impact des changements mondiaux. Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution, un réseau international de chercheurs, dont l’écologue Florian Altermatt de l’Eawag et son groupe à la Faculté des sciences de l’université de Zürich font partie, a établi certaines règles générales pour expliquer la dispersion des espèces issues de règnes du vivant très différents. Ils ont ainsi démontré que pour 21 espèces, allant des micro-organismes aux vertébrés, la dispersion répond à des forces créées par d’autres espèces présentes dans le réseau écologique, à savoir la présence de prédateurs et l’abondance de nourriture. Cette dépendance à la présence ou à l’absence d’autres espèces doit en conséquence être prise en compte dans les modèles prédictifs du changement mondial.

Emanuel A. Fronhofer et al. (2018), Bottom-up and top-down control of dispersal across major organismal groups , Nature ecology and Evolution, https://doi.org/10.1038/s41559-­018-0686-0