Economiser des concentrés - Gagner plus d’argent

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Economiser des concentrés permet d’augmenter le revenu. (Photo: Agroscope)

Economiser des concentrés permet d’augmenter le revenu. (Photo: Agroscope)

Ettenhausen, 08.05.2018 - De nombreux producteurs et productrices de lait suisses utilisent des quantités variables d'herbe fraîche et de concentrés. Les chercheurs-euses d'Agroscope ont désormais pu montrer qu'il est possible d’avoir une très bonne rentabilité en misant essentiellement sur l'herbe fraîche. Ce procédé permet de produire du lait 24 à 32 % moins cher. Les économies les plus importantes concernent les concentrés.


Les chercheurs-euses d’Agroscope ont testé trois groupes pilotes d’exploitations laitières par rapport à un groupe de référence. Ce dernier représente la production laitière suisse (voir ci-dessous). Les trois profils de groupes pilotes sont les suivants:

-        pâture intégrale

-        herbe fraîche avec peu de concentré

-        herbe fraîche avec beaucoup de concentrés

Dans les trois groupes, le lait peut être produit jusqu’à un tiers moins cher avec de l’herbe fraîche par rapport au groupe de référence basé sur un affourragement classique, moyennant une gestion optimale des coûts. Les économies les plus importantes portent sur les concentrés, qui depuis des années sont achetés à un prix relativement élevé, mais aussi sur les bâtiments et le travail.

La pâture intégrale est rentable

Dans le système de pâture intégrale, il est possible d’obtenir une meilleure valorisation de la main-d’oeuvre. De plus, ce système permet de supporter des prix du lait plus bas qu’avec les deux systèmes mixtes basés sur l’herbe fraîche. Les exploitations qui utilisent l’herbe fraîche et beaucoup de concentrés ne sont pas avantagées par rapport à celles qui utilisent peu de concentrés, malgré le volume plus élevé de leur production laitière. Les coûts spécifiques élevés et les revenus accessoires plus faibles (revenus de la viande et paiements directs) par kg de lait produit ne sont pas compensés par la baisse des coûts de la main-d’oeuvre et des bâtiments. Cela montre que les exploitations avec des quantités de lait plus faibles peuvent aussi obtenir de très bons résultats si elles maintiennent sciemment leurs coûts à un niveau peu élevé.

Produire jusqu’à un tiers moins cher

Tous les groupes pilotes étudiés ont produit le lait 24% à 32% moins cher que le groupe de référence et ont atteint une valorisation du travail supérieure de 8 à 13 francs de l’heure. Ce résultat est dû en grande partie à une meilleure gestion et à une forte prise de conscience des coûts (voir ci-dessous pour plus de détails).

Quels systèmes à base d’herbe fraîche sont économiquement rentables?

Cette question a été étudiée dans le cadre du projet commun «Optimisation des systèmes de production laitière basés sur les herbage avec récolte de l’herbe» (dirigé par la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL) de Zollikofen et le Centre de formation professionnelle Nature et Alimentation (BBZN) de Hohenrain) dans 36 exploitations pilotes sur trois ans (2014-2016). Les exploitations ont été divisées en trois groupes pilotes: deux systèmes mixtes avec une moyenne de 430 kg de concentrés (herbe fraîche avec peu de concentrés) ou 1160 kg de concentrés (herbe fraîche avec beaucoup de concentrés) par vache et par an, plus un système de pâture intégrale avec 90 kg de concentrés par vache et par an. Les 36 exploitations pilotes ont été réparties dans les trois groupes. A la fin de l’étude, Agroscope a utilisé les données pour établir un modèle d’exploitation pour chaque groupe pilote, avec des données typiques. Un groupe de référence largement représentatif, une sorte d’exploitation suisse standard, a été comparé à ces groupes pilotes.

Informations générales sur la base de données

Les résultats des trois groupes pilotes sont systématiquement meilleurs que ceux du groupe de référence, ce qui peut être attribué à l’utilisation généralisée de l’herbe fraîche, qui va généralement de pair avec des prix du lait plus élevés. Les exploitations qui produisent du lait destiné aux fromageries ou du lait biologique, par exemple, dépendent plutôt d’une alimentation à base d’herbe fraîche. Toutefois, il est possible qu’un effet de sélection ait contribué à améliorer la rentabilité, puisque la majorité des participant-e-s étaient des personnes qui cherchent à optimiser la gestion de l’exploitation. Les chef-fe-s d’exploitation ont participé activement à des groupes de travail pour discuter des systèmes existants et proposer des optimisations. De ce fait, on peut supposer que les participant-e-s étaient des chef-fe-s d’exploitation soucieux de maîtriser leurs coûts qui possédaient des compétences supérieures à la moyenne en matière de gestion.

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