Il est possible de réduire l’impact des produits phytosanitaires sur l’environnement

La sélection ciblée des substances actives permet de réduire considérablement le

La sélection ciblée des substances actives permet de réduire considérablement les risques et les impacts environnementaux (Photo: Gabriela Brändle, Agroscope)

Zurich-Reckenholz, 14.06.2018 - Les chercheurs-euses d'Agroscope ont étudié les risques et les impacts environnementaux des produits phytosanitaires dans les principales cultures de l'agriculture suisse. La sélection ciblée des substances actives utilisées et le respect systématique des principes de la protection phytosanitaire intégrée permettent de réduire considérablement les risques et les impacts environnementaux indésirables.


Les produits phytosanitaires (PPh) garantissent les rendements des cultures agricoles et la qualité des produits. Cependant, ils ont aussi des effets secondaires indésirables sur l’homme et l’environnement.

Dans une étude, les chercheurs-euses d’Agroscope ont déterminé les effets des PPh sur les organismes présents dans l’eau, le sol et à proximité immédiate des champs (dans les biotopes lisière) pour cinq cultures agricoles: le colza, le blé, les carottes, les pommes de terre et les betteraves sucrières.

Pour ce faire, les chercheurs-euses ont étudié les traitements typiques pour trois procédés culturaux avec des intensités de traitement différentes: une variante moyenne selon les prestations écologiques requises (PERmoyen), une variante avec une intensité de traitement plus élevée (PERélevé) et une variante selon les directives de culture de l’organisation de labellisation IP-SUISSE (IPS). Les résultats ont été évalués à l’aide de deux méthodes, l’évaluation des risques et l’analyse de cycle de vie (voir ci-dessous). L’étude a été soutenue financièrement par la Fédération des coopératives Migros et accompagnée activement par IP-SUISSE.

Le potentiel de réduction varie d’une culture à l’autre

Les procédés culturaux selon les directives IP-SUISSE présentaient des risques et des impacts environnementaux dus aux PPh nettement plus faibles à similaires par rapport à ceux d’une intensité de traitement typique des PER (PERmoyen). Les réductions ont été particulièrement prononcées pour le colza, le blé et, dans certains cas, pour les pommes de terre. Les plus grandes différences ont été constatées dans les biotopes lisières. Les procédés à haute intensité de traitement (PERélevé) affichaient des impacts environnementaux ou des risques beaucoup plus élevés pour plusieurs indicateurs. En général, les principes de la protection phytosanitaire intégrée - comme le respect des seuils de tolérance - sont importants pour réduire l’intensité du traitement. Il faut également éviter les pertes de rendement et de qualité.

Nécessité d’une évaluation différenciée et complète

Les résultats des compartiments environnementaux analysés, eau, sol et biotope lisière, diffèrent parfois considérablement. Une évaluation fiable des stratégies de protection phytosanitaires doit donc inclure tous les compartiments environnementaux concernés dans l’analyse.

Dans les procédés culturaux étudiés, une large gamme de PPh est utilisée contre de nombreux ravageurs et maladies. L’étude a cependant montré que seule une ou un petit nombre de substances actives ont généralement un impact décisif sur les risques et les impacts sur l’environnement. Cela montre que, d’une part, il est impératif de procéder à une analyse différenciée et que, d’autre part, éviter les substances actives critiques peut apporter des améliorations significatives.

L’étude des risques environnementaux au moyen de l’évaluation des risques et l’étude des impacts environnementaux au moyen de l’analyse de cycle de vie sont deux méthodes qui se complètent et permettent ainsi une évaluation globale. Elles fournissent des bases décisionnelles importantes pour la réduction des effets secondaires indésirables sur l’environnement.
Evaluation des risques et analyse de cycle de vie  
L’évaluation des risques permet d’estimer les risques écotoxicologiques des PPh en tenant compte des facteurs spécifiques au site et à l’application. La méthode SYNOPS a été utilisée pour analyser les risques pour les organismes présents dans les eaux et les sols ainsi que pour les organismes utiles et les abeilles dans le biotope lisière.

L’analyse de cycle de vie fournit une évaluation générique de l’écotoxicité aquatique et terrestre ainsi qu’une estimation des principaux impacts environnementaux, en tenant compte des étapes en amont et en aval et en rapportant les résultats à une unité significative (ici 1 kg de produit). Le modèle PestLCI consensus et l’étude d’impact selon USEtox et ReCiPe2016 ont été utilisés pour évaluer l’écotoxicité. Les autres impacts environnementaux ont été analysés à l’aide de la méthode SALCA d’Agroscope.

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