La pleine conscience au secours des adolescent-es

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La pratique de la pleine conscience aide les jeunes à se concentrer et à mieux réguler leur comportement et leurs émotions dans la vie de tous les jours.

Les adolescent-es né-es prématurément présentent un risque élevé de développer des troubles du comportement, des fonctions exécutives ou encore des compétences sociales et émotionnelles. Aujourd’hui, des chercheurs/ses de l’Université de Genève (UNIGE) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) démontrent que la pratique de la pleine conscience leur permettrait d’améliorer ces différentes aptitudes. Cette étude, publiée dans la revue Scientific Reports, suggère ainsi d’utiliser la méditation de pleine conscience comme outil d’intervention clinique auprès des adolescent-es, qu’ils/elles soient prématuré-es ou non.

Plusieurs études ont déjà montré que les enfants et adolescent-es né-es très prématurément rencontrent un plus haut risque de présenter des troubles cognitifs et socio-émotionnels qui peuvent persister jusqu’à l’âge adulte. Afin de les aider à surmonter leurs difficultés, les chercheurs/euses de l’Université de Genève et des HUG ont mis sur pied une intervention basée sur la pleine conscience, connue pour avoir des effets bénéfiques dans ces domaines. Il s’agit d’entrainer son esprit à se concentrer sur le moment présent, en se focalisant sur ses sensations, sa respiration, le poids de son corps ou encore ses émotions et pensées sans émettre de jugement. Les interventions basées sur la pleine conscience (mindfulness en anglais) se pratiquent généralement en groupe avec un-e instructeur/trice et sont complétées par des pratiques individuelles à faire à domicile.

Afin d’évaluer avec précision les effets de la pleine conscience, une étude clinique contrôlée randomisée a été réalisée avec des adolescent-es de 10 à 14 ans, né-es avant 32 semaines de grossesse. Les scientifiques ont rapidement constaté que la pleine conscience améliore la régulation des fonctions cognitives, sociales et émotionnelles, soit la capacité de notre cerveau à être en interaction avec notre environnement. Ceci car la capacité à porter son attention sur le moment présent - sur les pensées, les émotions et les sensations physiques, avec curiosité et bienveillance - est augmentée. Grâce à cette pratique, les adolescent-es améliorent en particulier leurs fonctions exécutives, c’est-à-dire l’ensemble des processus mentaux mis en oeuvre pour contrôler notre comportement afin d’atteindre un but. Dès lors, les jeunes ont plus de facilité à se concentrer et parviennent à mieux réguler leur comportement et leurs émotions dans la vie de tous les jours.

Amélioration de la vie quotidienne

Durant huit semaines, les adolescent-es ont passé chaque semaine une heure et demie avec deux instructeurs/trices de pleine conscience. Ils/elles étaient en outre invité-es à pratiquer la pleine conscience chez eux/elles tous les jours.

Les parents ont également été impliqués dans cette étude. Ils ont été invités à observer les fonctions exécutives de leur enfant, par exemple la capacité à réguler ses émotions et son attention, sa relation aux autres et son comportement. Les adolescent-es ont enfin été soumis-es à des tests informatisés pour évaluer leur manière de réagir aux événements. La comparaison de l’ensemble des résultats des tests avec un groupe contrôle n’ayant pas pratiqué la pleine conscience atteste de l’impact positif de l’intervention sur la vie de tous les jours de ces adolescent-es et sur leur capacité de réaction face à de nouveaux événements.

«Chaque adolescent-e est unique, avec ses qualités et ses difficultés. Par leur investissement, nos volontaires ont contribué à démontrer que la pleine conscience peut venir en aide à beaucoup de jeunes, né-es prématurément ou non, en les aidant à se sentir mieux, à se recentrer et à faire face au monde», se réjouissent la Dre Russia Hà-Vinh Leuchter, médecin adjointe au Service du développement et de la croissance, du Département de la femme, de l’enfant et de l’adolescent des HUG, et la Dre Vanessa Siffredi du Child Development Laboratory au Département de pédiatrie, gynécologie et obstétrique de la Faculté de médecine de l’Université de Genève, dernière et première auteures de ces travaux. «A noter que si la pratique de la méditation peut constituer une ressource utile, il est néanmoins important de s’entourer d’instructeurs/trices biens formé-es», précisent-elles.

Vers une reconnaissance clinique?

Les adolescent-es qui ont pris part au programme ont désormais entre 14 et 18 ans. Les scientifiques évaluent actuellement les effets à long terme de la méditation sur leur attention et leur stress au quotidien. De plus, afin de valider leurs données cliniques avec des mesures neurobiologiques, les chercheurs/euses étudient actuellement les effets de la pleine conscience sur le cerveau grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM).

6 octobre 2021

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