Après dix ans dans l’espace, SwissCube est encore en activité

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Mis en orbite en septembre 2009, le petit satellite suisse envoie toujours ses bips. Une longévité inattendue, qui démontre la grande qualité du travail réalisé par les étudiants.

Il était conçu pour fonctionner quatre mois. Or, voilà dix ans que SwissCube tourne autour de la Terre. Lancé le 23 septembre 2009, le Cubesat - un modèle de satellite conçu sous forme d’un cube de 10 cm de côté - est toujours là-haut, et tous ses systèmes sont en bon état de marche. Pour célébrer cette longévité inattendue, le centre spatial de l’EPFL eSpace a réuni, lundi soir, les acteurs du spatial et ceux qui avaient participé à la conception de l’engin.

Se déplaçant sur une orbite située à 720 km de hauteur, SwissCube aura fait à ce jour près de 55’000 tours de planète, à raison d’une quinzaine par jour. Il se déplace à une vitesse de près de 7’500 mètres par seconde, soit 28’000 km à l’heure. Bien qu’il ait dû être complètement réinitialisé à plusieurs reprises suite à des avaries, il a redémarré à chaque fois et continue maintenant d’envoyer régulièrement des bips indiquant sa position, température et vitesse de rotation. Sur demande, il peut aussi prendre des images.

Au départ pourtant, peu de gens auraient parié sur l’avenir du petit satellite. Dans les heures qui ont suivi son lancement, on s’est en effet aperçu qu’il tournait beaucoup trop vite sur lui-même et qu’il était, de ce fait, inopérable. Il aura fallu près d’un an pour que ce mouvement s’atténue et que les systèmes puissent être enfin contrôlés et exploités. De plus, sa mission scientifique - photographier et documenter le phénomène des aurores polaires depuis la haute atmosphère - n’a pas pu être complètement menée à bien.

Mais cette incroyable longévité démontre, maintenant, le vrai succès de SwissCube: la pertinence de certains choix considérés alors comme audacieux, tels que le recours à des matériaux et techniques low cost alors encore jamais utilisés dans le domaine spatial. La batterie, par exemple, provenait d’un téléphone portable standard, et n’est conçue que pour faire 500 recharges complètes avant d’être remplacée. Celle de SwissCube en a fait 55’000 et continue de fonctionner...

Aventure fondatrice

Tout a commencé en 2006, lorsqu’est né, à l’EPFL, le projet de concevoir un satellite de toute pièce, le premier entièrement suisse. Mené sur trois ans en partenariat avec plusieurs hautes écoles spécialisées, il aura permis à des dizaines d’étudiants - environ 200 - de se former aux technologies spatiales, mais aussi de prendre des responsabilités, connaître les différentes phases de conception d’un tel appareil, tenir compte des moindres détails, collaborer en équipe ou avec d’autres institutions, etc. La fiabilité des systèmes de SwissCube met donc rétrospectivement en lumière la grande qualité du travail réalisé par ces jeunes. Pour plusieurs d’entre eux, cette aventure aura d’ailleurs été décisive pour la suite de leur carrière. La start-up Astrocast, par exemple, en est directement issue.

Le satellite a eu d’autres effets encore. Une fois SwissCube lancé, l’équipe a vite été confrontée aux risques d’impacts entre le satellite et des déchets spatiaux se trouvant parfois sur sa route. En tout, près de 100 alertes de possibles collisions ont été données. C’est ainsi que certains ingénieurs, dont Muriel Richard, responsable du projet SwissCube, ont été sensibilisés à cette problématique, et s’en sont fait une expertise au niveau mondial.