Barbara Jozef remporte le Lush Young Researcher Prize

Barbara Jozef a reçu le Young Researcher Prize lors de la cérémonie de remise de
Barbara Jozef a reçu le Young Researcher Prize lors de la cérémonie de remise des prix la semaine dernière à Londres (Photo : Agneza Janovic).
L’expérimentation animale est très répandue dans la recherche, car les alternatives continuent de faire défaut. À l’Eawag, des chercheuses et chercheurs oeuvrent à développer de nouvelles solutions, notamment la biochimiste Barbara Jozef. Son travail lui a valu de recevoir le Young Researcher Prize de l’entreprise de cosmétiques Lush.

La recherche, surtout dans le domaine de la toxicologie, repose encore largement sur l’expérimentation animale. Selon l’entreprise de cosmétiques, il s’agit-là de l’une des raisons pour lesquelles nombre de jeunes scientifiques hésitent à s’engager dans cette voie. Le Lush Prize soutient donc des projets de recherche qui proposent des alternatives aux méthodes traditionnelles. Chaque année, l’entreprise décerne notamment le Young Researcher Prize. Barbara Jozef, chercheuse au département Toxicologie de l’environnement de l’institut de recherche sur l’eau Eawag est l’une des lauréates de cette année. Elle a reçu à Londres le prix et un financement de 10’000 livres. «Ce prix reflète l’enthousiasme, le dévouement et le travail acharné que j’ai investis dans mes projets tout au long de ma carrière de chercheuse», a déclaré la biochimiste après la remise de la distinction.

Elle est particulièrement heureuse que le prix de cette année prenne notamment en compte la recherche environnementale. Normalement, la science se concentre sur la toxicologie humaine, c’est-à-dire sur les effets des polluants sur les êtres humains. Mais le projet de Barbara Jozef relève de la toxicologie environnementale et se consacre aux conséquences des produits chimiques sur notre écosystème.

Une histoire haute en couleur

Avec la dotation du prix, la biochimiste souhaite reprendre dans les prochains mois un procédé utilisé à l’origine pour les cellules branchiales de la truite arc-en-ciel et l’appliquer aux cellules cérébrales du poisson, beaucoup plus complexes. Le coeur du repose sur la technique du «cell painting», ou marquage cellulaire. Il s’agit d’un processus bien établi, mais qui n’a encore jamais été utilisé pour les cellules cérébrales complexes d’un poisson. Pour ce faire, celles-ci sont mises en contact avec des substances toxiques dans une boîte de Pétri, puis marquées à l’aide de différents colorants. La répartition des couleurs permet ensuite de savoir comment les cellules réagissent sous l’influence de ces produits.

«C’est un peu comme la reconnaissance faciale», explique Barbara Jozef. «Nous savons à quoi ressemblent les cellules saines et comparons la coloration avec cette référence». Pour ce faire, les scientifiques utilisent un logiciel permettant de détecter et de quantifier le moindre changement dans l’image, afin de pouvoir ensuite en extraire de nouvelles informations, mais aussi d’établir un profil cellulaire. «Cette nouvelle méthode devrait nous aider à mieux comprendre l’influence des produits chimiques environnementaux sur le système nerveux et, à terme, de faire progresser le développement de tests toxicologiques sans expérimentation animale», conclut la biochimiste.
Cornelia Zogg