Chlorothalonil: un problème pour l’eau potable?

Captage d’une source sur le Plateau (Photo: Eawag, Nora Minas)

Captage d’une source sur le Plateau (Photo: Eawag, Nora Minas)

Depuis que le chlorothalonil a été classé «potentiellement cancérigène» par la Commission européenne, les esprits s’échauffent. En effet, des métabolites ou produits de dégradation de ce fongicide courant ont été détectés dans les eaux souterraines. Les concentrations mesurées jusqu’à présent dépassent en maints endroits la limite légale fixée à 0,1 µg/l pour les ressources aquatiques servant à l’alimentation en eau potable. Il n’est pas prouvé que les dépassements de ce seuil, fixé volontairement bas par mesure de précaution, fassent courir un risque aux consommateurs: les «doses journalières acceptables» jugées inoffensives pour les autres denrées alimentaires sont beaucoup plus élevées. Quoi qu’il en soit, personne ne veut de résidus de chlorothalonil dans l’eau potable. Or, étant donné que ces substances sont très lentement dégradées ou entraînées, l’interdiction d’utilisation de la substance mère (en vigueur depuis le 1.1.2020) ne suffit pas pour résoudre le problème et d’autres mesures doivent être prises. Il peut être envisagé de diluer les eaux brutes avec des eaux non polluées ou d’exploiter des sources d’eau potable, éventuellement de nouveaux captages, dans des zones peu agricoles. En dernier recours, des traitements techniques peuvent être mis en oeuvre. En partenariat avec les services des eaux, l’Eawag a testé différents procédés de potabilisation au laboratoire et sur des pilotes pour déterminer ceux qui se prêtaient à l’élimination des différents métabolites. Ces résultats sont maintenant présentés dans une fiche d’information.

Les études sur les méthodes d’élimination des métabolites du chlorothalonil ont été cofinancées par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV).