Conçue à l’EPFL, une fusée atteint les sommets aux USA

Après le vol, l'équipe récupère les morceaux de RORO éparpillés dans le dése

Après le vol, l'équipe récupère les morceaux de RORO éparpillés dans le désert du Nouveau Mexique. ©C.Baumann

«RORO» est un engin de 3 mètres de long, imaginé de A à Z par des étudiants de l’EPFL, de l’ETHZ et de la HEIG d’Yverdon. En juin dernier, ils le font voler dans le cadre de la «Spaceport America Cup», aux États-Unis, et arrivent 8e sur une centaine de candidats. 

Ils ont imaginé un truc un peu fou... et ils l’ont fait. Issus de l’EPFL, de l’ETHZ et de la Haute École d’ingénierie et de gestion d’Yverdon, onze étudiants se sont rendus en juin dans le désert du Nouveau Mexique, aux États-Unis, pour participer à la «Spaceport America Cup». Réunis sous le nom de Team Duster et seuls en provenance d’Europe, ils sont arrivés 8e sur 116 candidats. Encore peu connue de ce côté-ci de l’Atlantique, cette compétition confronte des équipes provenant d’universités du monde entier, dont la tâche est de concevoir, réaliser puis lancer une fusée capable de monter à trois kilomètres de hauteur.

C’est dans le cadre du mineur en technologies spatiales, donné par le centre eSpace de l’EPFL, que les étudiants entendent parler de ce concours. Bien décidés à y participer, ils commencent à plancher sur le projet à fin 2016. En trois mois, sans compter les efforts ni les heures de travail, ils fabriquent RORO. L’engin de trois mètres de long est d’une conception sophistiquée - les exigences du jury en termes de techniques et de sécurité sont plutôt élevées.

L’équipe Duster devant le Spaceport America. De gauche à droite: Stephane Teste, Michael Pellet, Moritz Zimmerman, Oliver Kirchhoff, Cyrill Baumann, Hassan Arif, Laurent Jung, Sorina Lupu, Patrick Spieler, Christian Cardinaux.

Les candidats devaient concevoir chacun des systèmes de la fusée - propulsion, électronique de vol, enregistrement des données, déclenchement des parachutes, etc. - mais également une charge utile de 4 kilos qui donne une mission à la machine (payload). Pour RORO, il s’agissait de transporter et libérer un planeur à l’apogée de la trajectoire de la fusée.

Un beau vol

Malgré quelques difficultés à l’ignition, le vol s’est parfaitement déroulé. La fusée est montée à 2’800 mètres et a relâché le planeur, qui a volé comme prévu. Seul bémol, les deux parachutes se sont enroulés, accélérant ainsi un peu la descente. Mais les équipes n’étaient pas jugées que sur le vol: «Le jury a notamment apprécié la séance de présentation de notre projet», raconte Sorina Lupu, leader de l’équipe.

Mise en pratique de leurs compétences, gestion du travail en équipe, ou encore interactions avec les organisateurs de la compétition sont autant d’enseignements que ces étudiants auront retirés de cette expérience. Si bien qu’une nouvelle équipe motivée, issue de l’EPFL, devrait participer à ce concours l’an prochain.

L’équipe supervisée par Anton Ivanov, d’eSpace: Sorina Lupu, Patrick Spieler, Michael Spieler, Michaël Pellet, Stephane Testé, Moritz Zimmerman, Oliver Kirchhoff, Cyrill Baumann, Hassan Arif, Laurent Jung, Christian Cardinaux, Dalmir Hasic, Quentin Talon.

Avec le soutien de: eSpace, Laboratoire de systèmes intelligents de l’EPFL, Swiss Space Center, Institute of Geodesy and Photogrammetry de l’ETH Zurich, RUAG, STA Travel, Obi, Mouser Electronics, Würth Electronics, Ceratizit, CSEM, Kuehne Nagel, Swisscomposites et Advanced Rocketry Group of Switzerland ARGOS.


Toutes les fusées réunies avant le début de la compétition...



 
 
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