FemSpin, inspirer l’entrepreneuriat féminin: rencontre avec Aude Ambrosini

Les start-up et les spin-off issues du milieu de la recherche sont rarement dirigées par des femmes. Le projet FemSpin vise à améliorer cette situation en mettant en lumière des femmes entrepreneures. Dans ce cadre, nous avons rencontré Aude Ambrosini, ancienne étudiante à la HEG-FR et à HES-SO Master. Elle co-dirige aujourd’hui Klode, une marque de design qui conceptualise et développe des produits innovants et durables. Interview.

Klode à l’honneur d’une émission de M6

Le 7 février, Aude Ambrosini et ses deux associés s’apprêtent à percer le petit écran dans l’émission « Qui veut être mon associé ? » sur M6 pour présenter leur start-up Klode. La HES-SO leur souhaite une belle aventure !

Quel a été l’événement déclencheur pour la création de votre start-up ?

Pendant mon master, j’ai rencontré mes associés, Lucas et Tim. Ils travaillaient ensemble sur ce projet et nous avions des compétences très complémentaires. Ça s’est fait assez naturellement et j’avais l’envie de me lancer dans un projet comme celui-ci. Avec notre entreprise Klode, nous avons développé la première poubelle à compost avec système de mise sous vide, qui ralentit la décomposition des déchets organiques et permet de trier à l’intérieur, sans odeur ni moucherons. Nous concevons des produits écologiques et nous nous occupons de leur gestion, de la conception à la distribution.

Avez-vous rencontré des difficultés en tant qu’entrepreneure?

Bien sûr, mais aucune n’était insurmontable. Une difficulté arrive généralement sans prévenir, et si elle est anticipée, on l’a souvent minimisée ou ignorée. Une fois qu’elle est là, on n’a pas d’autre choix que de faire face en trouvant des solutions.

D’autres difficultés arrivent aussi sur le plan personnel. Avec deux emplois et en tant qu’entrepreneure dans des sociétés en évolution, j’ai longtemps pensé qu’il fallait travailler sans arrêt. On s’éloigne de ses proches alors que le repos et les loisirs sont importants pour performer au travail.

Quels seraient vos conseils aux femmes qui hésitent à se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Avoir confiance en soi, il ne faut pas se sous-estimer ou penser qu’on n’a pas les compétences. Discuter, écouter, échanger, participer à des événements. Se fixer des objectifs pour savoir où aller ; même s’ils évoluent. C’est la plus grosse erreur que j’ai faite au cours des dernières années : la planification quand on a une startup, c’est presque impossible parce que rien ne va jamais comme prévu. Avec le temps, j’ai appris à définir des objectifs évolutifs, et à ne pas perdre de vue la raison d’être de mes projets.

En plus de la gestion de votre entreprise, vous occupez un second emploi, comment coordonnez-vous ces deux activités ?

Au cours des années, j’ai trouvé un juste équilibre entre planification et go with the flow. Ce qui me sauve, c’est ma flexibilité. Je définis des objectifs, sur le plan professionnel et privé, je les écris et les classe selon leur degré d’importance, ils évoluent en cours d’année. Je répartis aussi mon temps pour mes activités, en gardant toujours du temps libre. Finalement, je ne dis pas oui à tout. Il faut savoir fixer ses limites par rapport aux collègues, aux partenaires, aux proches. Je me suis rendu compte qu’il vaut parfois mieux dire non, que dire oui sans atteindre de résultats. Ça semble bête, mais quand on est jeune, qu’on démarre, on a parfois l’impression de devoir faire ses preuves mais ce n’est pas comme ça qu’on les fait.

Quels pourraient être les moyens mis en place par des institutions comme la HES-SO pour favoriser la création d’entreprise par des femmes ?

Tout d’abord, donner la possibilité de développer son réseau : dès les études, encourager les étudiantes à participer aux événements, aux concours pour aller à la rencontre de femmes entrepreneures, qui partagent leur expérience.

Il faudrait aussi faire connaître les statistiques et les études qui sont réalisées sur le sujet afin de comprendre l’écosystème dans lequel on évolue et de « jouer » avec, d’y trouver sa place. Le but n’est pas forcément de dire « les femmes entreprennent moins que les hommes » mais plutôt de monter quelles sont actuellement les opportunités pour entreprendre.