Interroger la mort humaine et ses enjeux éthiques


Dans le cadre de son programme d’études complémentaires «La vie humaine, défis philosophique actuels», le Pôle éthique de l’Université de Fribourg propose un cycle de conférences ouvert au grand public. Les intervenants aborderont les sujets difficiles mais très actuels, de la mort humaine, l’euthanasie et l’aide au suicide.enjeux éthique e la mort humaine.

La société est confrontée à des défis nouveaux, suscités notamment par les découvertes en science de la vie (cellules souches, diagnostic préimplantatoire) et en médecine (fin de vie). Mais les enjeux sont plus graves : on commence à s’interroger sur le sens de l’homme au fondement de notre démocratie pluriculturelle. Le travail du législateur, l’activité du politique et la décision du citoyen ont besoin de connaissances, fortement fondées en raison, sur la nature de l’homme. Le programme de spécialisation «La vie humaine, défis philosophique actuels» vise à donner les outils d’une réflexion philosophique portant sur les fondements anthropologiques de ces questions et à le faire avec le soutien d’autres disciplines scientifiques intégrées à cette approche philosophique (embryologie, biologie, droit, médecine, théologie).

Le Pôle d’éthique de l’Université de Fribourg souhaite jeter pont entre le débat public et les compétences universitaires en invitant des spécialistes, médecins, responsables politiques ou juridiques majeurs, à donner des conférences ouvertes à tous. Ces thématiques, en prise directe avec l’actualité, seront traitées dans un cadre scientifique et non-polémique. Les conférences laisseront une place importante aux questions et à la discussion. Ce programme interdisciplinaire sera honoré, de la présence de Monsieur le Conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard, Chef du Département de la santé et de l’action sociale du Canton de Vaud, qui donnera une conférence à l’Université de Fribourg le mardi 22 mars 2011, à 18h15.

Mardi 16 novembre 2010, 18h15-20h00 – Miséricorde, av. de l’Europe 20, salle 3024
«Questionner la légitimité du soin de l’autre en matière d’assistance au suicide»
Par le Dr. Eric Bonvin, médecin en psychiatrie et psychothérapie. Directeur du Centre Hospitalier du Chablais et des Institutions Psychiatriques du Valais Romand. Enseigne aux Universités de Lausanne et Paris VI

Institution de notre société contemporaine, la médecine tire sa légitimité des moyens qu’elle met en œuvre et des résultats qu’elle obtient pour soulager la souffrance humaine, de son corps comme de son âme. Elle affirme fonder sa pratique sur les valeurs cardinales de la préservation, voire la prolongation de la vie humaine et sur le respect de la personne souffrante. Alors que ces deux valeurs ont longtemps eu, pour la médecine, un effet de potentialisation synergique, elles lui imposent aujourd’hui une double contrainte génératrice d’une tension ambiguë : respecter la volonté d’une personne qui la sollicite pour mettre fin à sa vie afin d’abréger ses souffrances. Dans le contexte de ce que suscite actuellement cette question dans notre société, débattre des enjeux qui la sous-tendent représente un défi pour la philosophie comme pour la médecine.

Lundi 22 novembre 2010, 18h15-20h00 – Miséricorde, av. de l’Europe 20, salle 3026
La raison de mourir
Par Luc-Thomas Somme, Prof. au Département de Théologie morale et d’Ethique de l’Université de Fribourg

Chacun sait qu’il doit mourir et pourtant continue de vivre sans vouloir y croire. L’irruption de la mort, plus certaine que maintes autres certitudes, frappe d’étonnement et suscite en l’être humain le sentiment d’injustice et de scandale envers celui qui devrait, pense-t-on, continuer à vivre. Inversement, d’autres semblent condamnés à vivre alors qu’ils ne demandent qu’à reposer en paix. Condamnés à mourir ou condamnés à vivre, notre prétention à maîtriser l’avenir de notre être se trouve mise à l’épreuve. Plus encore, cette existence que nous voudrions d’une simplicité confinant à l’évidence, se dérobe à notre pensée. La mort n’est-elle pas radicalement déraisonnable - Le philosophe Vladimir Jankélévitch guidera une réflexion sur le rapport complexe et paradoxal d’une mort qui empêche la vie mais qui lui donne aussi son prix.

Mardi 23 novembre 2010, 18h15-20h00 – Miséricorde, av. de l’Europe 20, salle 3024
Entendre le vœu de mourir
Par Michel Salamolard, prêtre, auteur de «L’incitation et l’aide au suicide. Le ’modèle’ suisse et la situation française», Saint-Maurice 2010

La conscience obscure que nous avons de mourir un jour, loin d’étouffer notre désir de vivre, le nourrit secrètement, en lui lançant un perpétuel défi. Du moins en va-t-il ainsi dans l’ordinaire des jours. Mais il arrive que la lumière s’éteigne, qu’une souffrance devienne insupportable et que tout projet prenne des allures de chimère. Le désir de vivre risque alors de se retourner paradoxalement en souhait de mourir. Ce dernier conduit parfois à des intentions suicidaires. Celles-ci peuvent se traduire en demandes d’euthanasie ou de suicide assisté. Terrible défi pour la communauté humaine ! Comment entendre et comprendre ces demandes de mort - Quelles réponses leur donner - Les EMS sont des laboratoires où s’élaborent aujourd’hui une pratique et une réflexion ayant des conséquences pour la société dans son ensemble comme pour chaque individu, quel que soit son âge et son état de santé physique ou psychique

Lundi 6 décembre 2010, 18h15-20h00 – Miséricorde, av. de l’Europe 20, salle 3026
Comment répondre à la mort demandée - Pour une protestation qui accompagne
Par Thierry Collaud, médecin et Dr au département de théologie morale. Il a publié «Le statut de la personne démente» et de nombreux articles sur la problématique de la santé d’un point de vue anthropologique et éthique.

Il y a des conditions où la personne ne peut plus croire que la vie qui vient puisse encore avoir quelque valeur. Elle ne peut envisager d’autre solution que de demander la mort. La médiatisation à outrance, jusqu’à l’obscène, de quelques-unes de ces situations sous la bannière pseudo-compatissante d’EXIT a frappé l’opinion ces dernières années et a donné à penser qu’il s’agissait là d’un progrès auquel tous se rallieraient bientôt. Nous essayerons de décrypter ce langage mortifère et de montrer quelle anthropologie le sous-tend. Il faudra alors voir sur quelles autres bases d’anthropologie théologique on doit s’appuyer pour promouvoir une protestation contre le désespoir, une protestation qui accompagne dans l’humilité ces situations de souffrances lourdes.

Mardi 14 décembre 2010, 18h15-20h00 – Miséricorde, av. de l’Europe 20, salle 3024
L’euthanasie en droit suisse
Par Bernardo Stadelmann, sous-directeur à l’Office fédéral de la Justice, chef du domaine de direction du droit pénal et responsable des rapports sur l’euthanasie et le suicide assisté pour le Conseil fédéral

Cette conférence a pour but de présenter l’ensemble des normes juridiques qui régissent l’euthanasie en droit suisse et d’éclaircir la question de la nécessité de légiférer dans ce domaine. Elle abordera la définition des différentes formes d’euthanasie, leur traitement en droit, l’application de ces normes aux situations concrètes et les difficultés qui en découlent ainsi que les possibilités de règlementation supplémentaire.

Mardi 21 décembre 2010, 18h15-20h00 – Miséricorde, av. de l’Europe 20, salle 3024
L’assistance au suicide en droit suisse
Par Bernardo Stadelmann, sous-directeur à l’Office fédéral de la Justice, chef du domaine de direction du droit pénal et responsable des rapports sur l’euthanasie et le suicide assisté pour le Conseil fédéral

Cette seconde intervention a pour but de présenter les normes qui régissent l’assistance au suicide en droit suisse et d’exposer les défis qui se posent au législateur, de par la pratique des organisations d’aide au suicide. Elle présentera les derniers développements et traitera notamment des dangers et risques d’abus liés à ces pratiques, des possibilités d’action offertes par la législation en vigueur, des problèmes qui demandent de nouvelles mesures de la part des autorités et des solutions possibles ainsi que celles envisagées par le Conseil fédéral.

Renseignements: www.unifr.ch/theo/philo

Contact: François-Xavier Putallaz, MER au Département des Sciences de la foi et des religions, philosophie. 026 300 74 68, francois-xavier.putallaz [a] unifr (p) ch
Bernard Schumacher, MER au Département des Sciences de la foi et des religions, philosophie, 26 300 74 69, bernard.schumacher [a] unifr (p) ch

Source: Service Communication et Médias, 026 300 70 34, communication [a] unifr (p) ch