L’EPFL teste la livraison par navette automatisée

Dès le 12 octobre, le campus lausannois de l’EPFL servira de terrain d’expérimentation pour la livraison par navette autonome. Un projet pionnier appelé à évoluer.

Développées au sein des laboratoires, les recherches menées à l’EPFL sont parfois peu visibles par le public. Mais ce serait oublier que le campus de l’Ecole lui-même constitue un laboratoire vivant. Ainsi, dès le 12 octobre et durant 2 mois environ, un véhicule automatisé jaune bardé d’écrans géants à l’avant et à l’arrière et de petits casiers latéraux, se promène au pas de l’Esplanade à l’EPFL Innovation Park en passant par le Rolex Learning Center et le quartier résidentiel des Estudiantines. Baptisé ADORE , pour « Autonomously Delivered Orders from Restaurants at EPFL », ce test explore la technologie autonome, dans ses multiples dimensions : robotique, informatique, mécanique, télécommunications, interactions avec les usagers de la route... Coordonné par Durabilité EPFL et en partenariat avec l’unité Restauration et commerces, il met à l’épreuve la technologie avec la livraison par navette électrique automatisée de biens ou de repas, selon différents scénarios appelés à évoluer au fil des semaines.

Le véhicule d’abord. Large d’un mètre et long d’un peu moins de 3, il ne dépasse pas 1,8 mètre de haut. Complètement électrique, il est équipé de plus de 15 capteurs, de 5 caméras, d’un écran tactile ainsi que d’une antenne de réception satellite exploitant une nouvelle technologie capable de déterminer précisément sa position en temps réel. Il ne peut pas transporter de personnes, mais contient sur chaque côté latéral 11 compartiments verrouillés par code qui peuvent contenir les biens à transporter. Sa vitesse peut atteindre 50km/h, mais sur le campus elle est bridée à 6km/h et sera constamment chaperonnée par un étudiant. Conçu par l’entreprise chinoise Neolix, le véhicule est mis à disposition par La Poste Suisse en tant qu’expert de livraison, le temps de l’expérience.

Trois phases évolutives

Le projet ensuite. Il est prévu en trois phases. La première, d’une durée estimée de deux semaines, est celle de l’adoption du nouveau venu pour les opérateurs comme pour les utilisateurs du campus. Le véhicule circulera en situation réelle, de manière autonome sur le tracé balisé et programmé dans son logiciel de guidage. Il circulera entre l’Esplanade, le Rolex Learning Center, l’hôtel Starling et les logements des Estudiantines. Des arrêts avec panneaux informatifs ont été installés aux points de livraison et de présentation. La communauté EPFL pourra y découvrir le fonctionnement de la navette-livreuse, du lundi au jeudi de 11h à 13h, à travers un jeu de devinettes et gagner des petits cadeaux.

Dans une deuxième phase, de deux semaines également, le véhicule sera utilisé pour livrer des repas à une sélection de participants. La navette ira chercher, toujours de façon autonome, mais accompagnée, la nourriture fournie par le restaurant Takinoa au Rolex Learning Center. Elle desservira outre l’Esplanade, le Starling, les Estudiantines et l’Innovation Park. Les personnes présélectionnées pourront choisir un créneau et un lieu de livraison. A 300 mètres de l’arrêt, la navette enverra un SMS au destinataire pour le prévenir de son arrivée et du code d’accès au compartiment contenant son repas. Un autre SMS signalera son arrivée. Le compartiment recueillera aussi la vaisselle lavable de la veille. Parallèlement aux objectifs technologiques (gestion des commandes, des lieux, des horaires de livraison...), l’intérêt de cette phase est aussi d’évaluer l’expérience de livraison des participants.

Exploration pionnière

Enfin, en fonction des résultats des deux premières phases, l’objectif de la troisième est d’élargir la livraison de repas voire de marchandises à toute la communauté EPFL. « Le campus est un véritable laboratoire vivant et ce projet nous permet d’une part de tester différentes solutions de mobilité et de logistique tout en promouvant, avec notre partenaire, une alimentation plus saine et locale », justifie Luca Fontana, responsable du projet à Durabilité EPFL. Parallèlement, des projets scientifiques pourront se greffer avec les laboratoires ou des partenaires externes que ce soit en matière d’optimisation des parcours, de sécurisation des communications, d’analyse d’images ou d’acceptation sociologique par exemple.

Toutefois, le conditionnel reste de rigueur. Si des navettes automatisées ont déjà sillonné le campus d’Ecublens en 2015, il a fallu pour ce projet-pilote obtenir à nouveau le feu vert des autorités publiques. En fonction des résultats et des projets, ADORE durera entre deux et quatre mois.

Références

Les partenaires du projet sont : le Mobility Lab (EPFL, HES-SO Valais-Wallis, La Poste, Ville de Sion, canton du Valais), Neolix, FixPosition et Takinoa. A l’EPFL sont impliqués Durabilité EPFL, RESCO et le Centre de Transport (TRACE).