L’UniNE décroche un prestigieux projet de recherche en philosophie

La publication, en ce jeudi 19 février, des 21 projets qui bénéficieront d’un soutien exceptionnel du Fonds national pour la recherche scientifique (FNS) met l’Université de Neuchâtel (UniNE) à l’honneur. Seule haute école de Suisse occidentale aux côtés de l’EPFL et de l’Université de Genève, l’UniNE recevra 1.4 million de francs pour un programme de recherche qui sera mené par son Institut de philosophie.
Le projet sera dirigé par le professeur de logique et philosophie contemporaine Fabrice Correia. Il aura pour objectif d’étudier les conceptions scientifiques et non scientifiques du temps dans la perspective de les réconcilier. « La science a une manière d’envisager le temps qui peut au premier abord sembler totalement différente de ce qu’entend la majorité des gens qui ne sont pas des scientifiques », explique Fabrice Correia. « Mon objectif dans ce projet est de montrer que cette différence apparente n’est pas la manifestation d’une réelle incompatibilité. J’ai aussi souhaité que le champ de mes recherches se trouve à l’intersection de plusieurs domaines de la philosophie, qui vont des plus traditionnels jusqu’à la philosophie de la physique contemporaine ».
Le projet, qui débutera en août prochain, fait partie d’un catalogue de mesures destinées à soutenir les jeunes chercheurs qui viennent de créer une équipe ou un programme et ambitionnent de les consolider. Il s’étendra sur une durée de cinq ans et permettra l’engagement de deux personnes. De nombreux événements – ateliers, colloques, etc. – seront organisés à Neuchâtel. Des collaborations seront tissées et renforcées sur le plan national, par exemple au sein du groupe de recherche en métaphysique eidos, dont le professeur Correia est l’un des animateurs, ainsi qu’au plan international, notamment avec les Universités de Barcelone et Hambourg.
Le fait qu’un projet de recherche en philosophie piloté par l’UniNE ait été sélectionné est d’autant plus réjouissant que le nombre de demandes était important, puisqu’il dépassait la centaine. De plus, la sélection n’a retenu que 4 projets en sciences humaines et sociales, un domaine où il est souvent difficile d’avoir accès à des bourses de ce genre par rapport aux sciences de la vie, aux mathématiques, aux sciences naturelles et aux sciences de l’ingénieur. L’UniNE confirme ainsi son excellence dans les lettres et sciences humaines où, pour rappel, elle a obtenu l’attribution, lors de la dernière volée en 2014, du seul pôle de recherche national en la matière avec le programme « On the move » consacré à l’étude des migrations.
Bien que financés par le FNS, les projets ont été évalués par un panel d’experts internationaux sur le mode des prestigieux projets européens ERC. Cette situation exceptionnelle est la conséquence de la votation du 9 février 2014 sur l’initiative dite « contre l’immigration de masse ». Suite au résultat, la Suisse avait été exclue des programmes européens pendant quelques mois, avant d’y être réintégrée de manière partielle et limitée dans le temps jusqu’en 2016. A titre exceptionnel, le FNS avait alors lancé un appel à projets durant la période d’exclusion afin de maintenir la compétitivité de la recherche helvétique et son attractivité internationale.