Le photovoltaïque : de l’invention à l’innovation sociale

PlanetSolar: Rama, Wikimedia Commons, Cc-by-sa-2.0-fr

PlanetSolar: Rama, Wikimedia Commons, Cc-by-sa-2.0-fr

Avec Solar Impulse et PlanetSolar, la Suisse a rendu populaires les cellules photovoltaïques pour la propulsion à l’énergie solaire, dans les airs et sur mer. Mais appliquer ces innovations au quotidien implique des changements de modes de vie conséquents qui témoignent de l’importance des sciences humaines et sociales dans toute innovation, technologique ou non. Un constat que souligne une étude de l’Université de Neuchâtel dont on débat aujourd’hui en ligne, à l’invitation de l’Académie suisse des sciences humaines et sociales (ASSH).

En matière de transition énergétique, la Suisse est un lieu d’expérimentations reconnues permettant non seulement de faire connaître de nouvelles technologies et de les faire adopter par le marché, mais aussi à créer du sens pour de nouveaux modes de vie et de nouvelles pratiques de consommation. Une démarche relevant typiquement des sciences humaines et sociales (SHS).

En pratique, la contribution des SHS aux innovations se traduit par la mise en débat public des problèmes à résoudre, l’imagination de solutions collectives et leur diffusion au sein de la société. Ainsi, il existe désormais des coopératives d’habitation qui intègrent la production d’électricité photovoltaïque et des projets favorisant les économies d’énergie à l’attention de leurs collectivités.

Sur la scène internationale, la Suisse est aussi un acteur de la transition énergétique à travers des projets de démonstration tels que des tours du monde propulsés par l’énergie photovoltaïque : en avion solaire Solar Impulse, par Bertrand Piccard et André Borschberg et en bateau solaire PlanetSolar, par l’éco-aventurier neuchâtelois Raphaël Domjan, sans oublier des événements comme le premier Salon du Climat en 2018 à Lausanne. Du côté de la Confédération, le label suisse ’Cité de l’énergie’ valorise des initiatives collectives locales visant la production et l’utilisation durables d’énergie. Il soutient également des projets de transition énergétique en Suisse, mais aussi dans différentes régions du monde.

Ces exemples sont tirés de ’L’apport des sciences humaines et sociales à l’innovation en Suisse’, une étude rédigée par une équipe de l’Université de Neuchâtel et publiée fin février par le Secrétariat d’état à la formation, à la recherche et à l’innovation. On y rappelle notamment que si les inventions techniques sont principalement issues des sciences naturelles et de l’ingénieur, elles ne représentent pas des innovations tant que la société ne se les approprie pas. Ce sont généralement les sciences humaines et sociales qui permettent de transformer les inventions en innovations. Ce rapport a suggéré le thème de la table ronde à suivre en direct intitulée : Quel rôle pour les sciences humaines et sociales dans le système suisse d’innovation ? Mardi 19 mai 2020. Dès 16h via Webex.