Mon canton, ma sécurité : sentiment de sécurité physique et numérique et opinions sur la police neuchâteloise

Réalisée par l’Ecole des sciences criminelles de l’Université de Lausanne sur mandat et en partenariat avec la police neuchâteloise, cette étude évalue le sentiment d’insécurité dans le canton de Neuchâtel.

Cette recherche a été réalisée entre mai et juin 2019 sur mandat et en partenariat avec la police neuchâteloise. Elle a été menée à l’ESC par le professeur Quentin Rossy et les doctorant’e’s Giulia Margagliotti, Betina Borisova et Ahmed Ajil en collaboration avec le professeur Yves Emery et son équipe de l’Institut de hautes études en administration publique. L’étude montre que le sentiment d’insécurité dans le canton de Neuchâtel est bas, voire très bas et qu’un renversement des inquiétudes est perceptible entre les problèmes de sécurité dans l’espace physique et sur Internet. L’image de la police est très positive. Neuf personnes sur dix se disent satisfaites de la sécurité dans le canton.

Sentiment d’insécurité

Les résultats montrent que le sentiment d’insécurité dans le canton de Neuchâtel est plutôt bas, voire très bas pour tous les types de comportements évalués.

La conduite dangereuse des véhicules constitue la crainte principale des répondant’e‘s (24% des sondé’e?s), suivie par le vol de vélos (22%) et le cambriolage au domicile (18%). Globalement, le sentiment d’insécurité est plus prononcé en milieu urbain que rural. Les jeunes de 16-24 ans craignent plus les agressions physiques (11%) ou verbales (13%) à caractère sexuel et les aînés craignent plus les escroqueries (20%).

Certains espaces publics sont perçus comme plus anxiogènes, en particulier la nuit tombée. Ainsi, les gares du canton sont les lieux qui génèrent le plus d’insécurité, suivies par les transports en commun. La conduite dangereuse, les rues peu fréquentées et les individus consommant drogues et alcool représentent les principaux facteurs impactant négativement le sentiment de sécurité.

à l’inverse, entretenir de bonnes relations avec les voisins, avoir un téléphone mobile sur soi (surtout chez les jeunes) ainsi que le bon éclairage et l’entretien des routes et des zones piétonnes favorisent le sentiment de sécurité.

Un renversement des inquiétudes est perceptible entre les problèmes de sécurité dans l’espace physique et sur Internet

Plus d’une personne sur deux se dit inquiète de subir une atteinte à ses biens sur Internet que cela soit via un usage de ses moyens de paiement ou par une escroquerie en ligne, alors que 18% des sondé‘e’s craignent un cambriolage et 14% un vol à l’astuce ou une escroquerie dans l’environnement physique.

Le sentiment d’insécurité en ligne est particulièrement impacté par une victimisation antérieure, il est plus prononcé chez les femmes et tend à augmenter avec l’âge. Il faut également relever qu’une part très faible des personnes se dit non concernée par les différents types de problèmes en ligne. De surcroît, les préoccupations en matière de sécurité en ligne semblent avoir modifié la façon d’utiliser Internet pour près de 90% des sondé‘e’s.

Une différence marquante se dessine également en matière de perception des niveaux et de l’évolution de la criminalité physique et par Internet

Globalement, plus des deux tiers des répondant’e’s évaluent les niveaux de problèmes comme bas ou très bas dans le quartier/village où ils habitent. En revanche, les niveaux de criminalité par Internet sont évalués comme étant élevés ou très élevés par près de 50% de l’échantillon de la population neuchâteloise, soit dix fois plus de personnes que pour les crimes et les délits (4%) et la vente de drogues dans la rue (5%). Bien qu’une part importante des répondant’e‘s ne soit pas en mesure de fournir une estimation de l’évolution des problèmes de sécurité, l’inversion de tendance s’observe également sur l’évaluation de l’évolution de la criminalité qui est perçue en hausse pour les crimes en ligne par une part bien plus grande des sondé’e?s.

Les taux de victimisation reportés pour les atteintes aux biens par Internet ont des ordres de grandeur similaires aux infractions ciblant des biens dans l’espace physique (6% de la population en moyenne, entre 1-9% selon le type de problèmes). Les taux de cambriolages et de vols à l’astuce/escroqueries ont notamment des taux comparables aux escroqueries dans le e-commerce et à l’usage sans permission de cartes bancaires.

Opinions sur la police neuchâteloise

Que le problème survienne dans l’espace physique ou sur Internet, la police constitue l’un des principaux acteurs à qui la population souhaite pouvoir demander de l’aide en cas de problème.

Globalement, l’image de la police est très positive. Neuf personnes sur dix environ se disent satisfaites de la sécurité dans le canton et disent pouvoir compter sur la police en cas d’urgence. Parmi les personnes ayant eu contact avec la police au cours des douze derniers mois, seules 12% se disent insatisfaites.

Un niveau de confiance élevé en la police est également observé. Une différence nette existe néanmoins entre la confiance donnée pour résoudre des problèmes dans le quartier/village de résidence (74%) et pour résoudre des problèmes sur Internet (45%).

Plus de la moitié des répondant’e‘s pense que la présence policière est suffisante dans tous les types d’espace. La proportion s’inverse pour les gares/arrêts de bus; lieux où la présence policière est estimée insuffisante par 55% des répondant’e’s (59% des femmes et 51% des hommes).

En zone urbaine, un quart des habitant’e’s estime la présence policière insuffisante dans leurs quartiers. La proportion diminue à 20% en milieu rural.

Pour la police et l’état de Neuchâtel, le résultat de cette enquête a permis de mieux connaître les attentes de la population neuchâteloise. Elle permettra d’affiner les plans d’action et d’évoluer en tenant compte des besoins actuels et futurs.

par? Faculté de droit, des sciences criminelles et d’administration publique’FDCA