PeaceTech mise sur l’interdisciplinarité pour construire la paix

© 2023 EPFL
© 2023 EPFL
L’EPFL, l’UNIDIR (Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement), l’IHEID (Institut de hautes études internationales et du développement de Genève) et la GPP (Plateforme de consolidation de la paix de Genève) ont annoncé la création d’une Alliance PeaceTech. Celle-ci favorisera la collaboration sur un ensemble d’initiatives Peace-to-Tech et Tech-to-Peace afin de contribuer à la paix mondiale.

L’objectif de PeaceTech est de tirer parti de la technologie pour promouvoir la paix tout en élaborant des stratégies visant à empêcher l’utilisation de la technologie à des fins violentes. L’Alliance PeaceTech participera à l’acquisition de connaissances dans ce domaine, en vue de créer un changement systémique tangible et à grande échelle. Les initiatives exploreront le rôle de la science et de la technologie dans tous les processus liés à la paix et la manière dont les réflexions sur la paix devraient influencer la science et la technologie.

«Aujourd’hui, en raison de la confluence dramatique des crises auxquelles nous sommes confrontés, il est plus important que jamais de développer des moyens innovants pour améliorer la sécurité mondiale et progresser vers la paix, déclare Robin Geiss, directeur de l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR). À l’UNIDIR, nous sommes ravis de pouvoir apporter notre expertise dans des domaines avant-gardistes tels que l’intelligence artificielle, la sécurité spatiale et la cybersécurité, mais aussi sur les liens entre les technologies de pointe et les menaces persistantes que représentent les armes conventionnelles et nucléaires. La mise en commun de nos forces avec celles de nos partenaires de l’Alliance PeaceTech peut contribuer à la réalisation de progrès réels vers un monde plus stable et plus sûr.»

«Le virage technologique entraîne des transformations sans précédent dans nos sociétés, nos politiques, nos économies et même dans nos identités individuelles et collectives. Il est essentiel que des technologies responsables soient développées dès leur conception et qu’elles intègrent les principes des droits humains, de la durabilité et de la consolidation de la paix. Cette alliance est une étape importante dans cette direction», indique Marie-Laure Salles, directrice de l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (IHEID).

«Les MINT (Mathématiques, Informatique, sciences Naturelles et Techniques) sont à la base de la conception et du développement de technologies physiques et numériques sources de changements. À l’EPFL, les chercheuses et chercheurs en MINT ont un rôle essentiel à jouer dans la prévention et l’atténuation des nombreuses manifestations de violence et de conflit», explique Martin Vetterli, président de l’EPFL.

«Cette alliance regroupe les connaissances complémentaires des sciences MINT, des sciences sociales, des autorités politiques et des acteurs et actrices de terrain. Cette interdisciplinarité nous permettra de développer des initiatives adaptées aux défis sociaux, politiques et technologiques actuels», ajoute Martin Vetterli, lors de sa présentation de l’Alliance PeaceTech dans le cadre d’une réunion sur une nouvelle vision du désarmement qui s’est tenue au domaine des Bois Chamblard de l’EPFL la semaine dernière. Cet événement a rassemblé des représentantes et représentants de plusieurs gouvernements et organisations non gouvernementales ainsi que divers organes des Nations unies, dont le Bureau des affaires de désarmement (UNODA) et l’UNIDIR.


Initiatives pour des résultats tangibles

Les initiatives de l’Alliance PeaceTech comprendront des projets communs, des appels à propositions et des activités appelées à renforcer l’expertise, l’éducation et la sensibilisation. Dirigé par Karl Aberer du Laboratoire des systèmes distribués de l’EPFL, un premier projet visant à désamorcer la polarisation en ligne est déjà en cours. L’équipe développe des algorithmes basés sur l’IA pour contrer la polarisation en ligne et la radicalisation hors ligne.

L’optimisation de la détection des mines terrestres et le soutien aux stratégies de récupération et de reconstruction constituent une autre priorité. Inspiré de l’Ukraine Recovery Conference qui s’est tenue à Lugano, ce projet cible la protection des personnes et de l’environnement.

Cette alliance s’appuiera également sur les partenariats existants avec le Comité international de la Croix-Rouge afin d’améliorer les processus de démobilisation et de réintégration des combattants et des civils, y compris les progrès en matière de prothèses adaptatives pour les survivants.

D’autres travaux porteront sur les moyens d’améliorer les mécanismes de surveillance des armes conventionnelles, chimiques, biologiques, nucléaires et autonomes, ainsi que sur les processus de vérification des systèmes basés sur l’IA et de l’espace. Ces efforts s’inscrivent dans la Stratégie de maîtrise des armements et de désarmement et sont pertinents pour le Conseil de sécurité des Nations unies.