Prêt pour une croissance durable

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Les fondateurs de MIRO Analytics, Morten Hundt et Oleg Aseev, avec l’un deLes fondateurs de MIRO Analytics, Morten Hundt et Oleg Aseev, avec l’un de leurs appareils. Image: MIRO

La start-up "MIRO Analytical", fondée en février 2018 en tant que spin-off de l’Empa, a reçu en octobre l’un des très convoités "Innosuisse Certificates". Ce certificat reflète les progrès remarquables réalisés par la jeune entreprise pendant le programme de coaching de l’agence de promotion et confirme que la start-up est prête pour une croissance durable.

C’est le point culminant provisoire d’une histoire à succès. "MIRO Analytical", fondée il y a un peu plus de quatre ans par les chercheurs de l’Empa Morten Hundt et Oleg Aseev, reçoit un "Innosuisse Certificate". La start-up basée à Wallisellen/ZH emploie désormais huit personnes et fabrique des appareils pour mesurer les gaz à effet de serre et les polluants dans l’atmosphère. Jusqu’à présent, ces appareils étaient complexes, chers et consommaient généralement beaucoup d’énergie, car presque chaque gaz est mesuré avec une méthode différente. En revanche, Morten Hundt et Oleg Aseev ont développé une méthode pour simplifier ce processus alors qu’ils étaient encore chercheurs dans le département "polluants atmosphériques/technique environnementale" de l’Empa. Ils ont réussi à déterminer simultanément et à mesurer avec une grande précision un total de dix gaz à effet de serre et polluants atmosphériques avec un seul appareil : Monoxyde de carbone (CO) et dioxyde de carbone (CO2), ammoniac (NH3), vapeur d’eau (H2O), oxydes d’azote (NO et NO2), gaz hilarant (N2O) et ozone (O3) ainsi que dioxyde de soufre (SO2) et méthane (CH4).

Plusieurs lasers à cascade quantique réunis dans un seul appareil

La méthode développée par Morten Hundt et Oleg Aseev est basée sur la spectroscopie d’absorption laser et combine plusieurs lasers à cascade quantique en un seul appareil. La lumière des lasers est ainsi absorbée par les molécules de gaz. "Plus l’absorption de la lumière est élevée, plus la concentration des polluants concernés dans l’échantillon d’air analysé est importante. Il s’agit donc d’une méthode de mesure directe et absolue", explique Morten Hundt. "Ce faisant, nous avons choisi la plage de mesure spectrale de telle sorte qu’aucune sensibilité croisée ne soit à craindre", ajoute Oleg Aseev. En février 2018, les deux chercheurs ont fondé "MIRO Analytical" pour se positionner dans un premier temps sur le marché des sciences climatiques et de la surveillance de la qualité de l’air avec leur nouveau capteur.

Dès 2019, la start-up a pu enregistrer un premier succès : Elle était l’une des six start-up soutenues pour une durée initiale de deux ans par l’Agence spatiale européenne (ESA) dans son centre d’incubation "ESA BIC Switzerland". "Notre appareil est intéressant pour l’ESA, car il pourrait d’une part être utilisé lors de missions d’exploration de l’atmosphère de planètes comme Mars, et d’autre part servir de station de référence sur Terre pour des mesures par satellite", expliquait alors Morten Hundt.

Mais ce n’est pas tout : après ce soutien, d’autres succès ont suivi, comme l’obtention d’une "EIC Accelerator Grant" (2019) dans le cadre du programme de soutien de l’UE "Horizon 2020" et d’autres soutiens du Fonds de technologie (2020) ainsi que de la Fondation suisse pour le climat (2021).

Entre-temps, beaucoup de choses se sont passées. MIRO a déjà pu gagner quelques clients, principalement des institutions telles que le centre de recherche de Jülich et l’institut de technologie de Karlsruhe (KIT). Dans le cadre du "Integrated Carbon Observation System" (ICOS), un réseau de plus de 140 stations de mesure des gaz à effet de serre en Europe, l’Empa utilise également l’un des appareils, tandis qu’un autre sert à la recherche climatique dans un avion du Centre allemand pour l’aéronautique et l’aérospatiale (DLR). Ces appareils haut de gamme offrent la grande précision requise par la recherche.

Les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique sont toutefois aussi des sujets de plus en plus importants pour le public. Les instruments de MIRO se prêtent donc parfaitement aux mesures de gaz à effet de serre et de qualité de l’air nécessaires sur l’ensemble du territoire, car un tel appareil est moins cher - tant à l’achat qu’à l’entretien - que dix appareils individuels qui ne peuvent mesurer qu’un seul gaz à la fois.

En revanche, lorsqu’il n’est pas nécessaire de mesurer dix gaz à effet de serre et polluants atmosphériques à la fois, les appareils qui ne mesurent que les gaz à effet de serre, par exemple, s’apprêtent à cette tâche. C’est pourquoi l’équipe MIRO a élargi sa gamme de produits afin d’atteindre de nouveaux groupes de clients, comme les villes et les communes. Tout est construit dans les laboratoires de Wallisellen, tout est "Swiss Made". MIRO a connu une croissance continue au cours des quatre dernières années et, selon Morten Hundt, devrait dégager un bénéfice pour la première fois cette année.

Et en octobre, Innosuisse, l’agence suisse pour la promotion de l’innovation, a décerné à MIRO le très convoité "Innosuisse Certificate". Celui-ci reflète les progrès remarquables réalisés par la jeune entreprise pendant le programme de coaching de l’agence de promotion et confirme que la start-up est prête pour une croissance durable. Il s’agit d’un label de qualité pour les investisseurs potentiels, dont MIRO a désormais besoin pour l’expansion prévue vers de nouveaux marchés, pour de nouvelles applications et de nouveaux développements.