Promouvoir l’alouette des champs dans les cultures de blé et de maïs

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L’alouette des champs dépend du soutien des agriculteurs. Sans cela, son c

L’alouette des champs dépend du soutien des agriculteurs. Sans cela, son chant est menacé de disparaître encore d’autres régions de grandes cultures. photo © Markus Jenny

Dans de nombreuses régions de Suisse, l’alouette des champs n’a plus aucune chance de parvenir à élever ses jeunes. Les surfaces de promotion de la biodiversité, bien trop peu nombreuses, ne représentent guère davantage qu’une goutte d’eau dans l’océan. La Station ornithologique et ses partenaires agricoles testent en ce moment dans un projet des systèmes culturaux qui permettraient à l’alouette des champs de renouer avec le succès pour sa reproduction dans les grandes cultures. Pour ce faire, on met à profit des synergies entre la production de denrées alimentaires et la conservation de la biodiversité.

L’alouette des champs dépend du soutien des agriculteurs. Sans cela, son chant est menacé de disparaître encore d’autres régions de grandes cultures. L’alouette des champs a besoin de « pistes » de 30 à 40 cm de large pour pouvoir atterrir dans les champs de céréales. Elle aime nicher dans ces « bandes à nids » parallèles en partie couvertes d’un sous-semis. Un sous-semis vivant et fleuri : voilà qui attire les insectes, et qui offre à l’alouette des champs un couvert adéquat pour son nid et de la nourriture en suffisance pour ses jeunes. L’alouette des champs niche par terre. Elle construit son nid de préférence bien caché dans la végétation. Sempach. ’ L’alouette des champs jouit d’une grande cote de popularité et est inséparable, dans notre esprit, des terres cultivées ouvertes. Elle partage cet habitat avec le lièvre brun et de nombreux insectes et plantes sauvages. L’emploi intensif des engrais de synthèse et des pesticides mène cependant la vie dure aux plantes et aux animaux, qui se trouvent contraints de se replier sur les seules surfaces de promotion de la biodiversité, peu nombreuses.

Stopper l’érosion massive de la biodiversité dans les terres arables réclame une amélioration de même ampleur des conditions prévalant sur les surfaces de production. L’agriculture conventionnelle n’adopte pourtant que timidement les méthodes de culture qui respectent la biodiversité et ménagent les ressources. L’un des défis est de maintenir les pertes de rendement à un niveau faible.

Oser faire la place au vide !

Dans le cadre d’un projet du Programme d’utilisation durable des ressources, la Station ornithologique et ses partenaires testent de quelle manière il est possible de combiner la promotion de la biodiversité et la production de maïs ou de blé dans le même champ. Les conséquences en sont observées et analysées dans leur intégralité. L’une des mesures consiste à ne pas semer chaque rang de blé mais en laisser des libres, que les alouettes peuvent utiliser comme pistes d’atterrissage et sites de nidification. Dans le maïs, c’est un mélange de trèfles qui est semé. Ce sous-semis offre un couvert à l’alouette, qui lui sert tant pour nicher que pour se mettre à l’abri des prédateurs.

Ces deux mesures améliorent l’offre en insectes dont l’alouette peut se nourrir et favorisent la présence d’organismes auxiliaires. Les oiseaux sont ainsi en mesure d’élever un plus grand nombre de jeunes. Mais ils ne sont pas les seuls à en profiter : on attend également un effet positif sur les organismes auxiliaires et d’autres espèces des cultures, ce qui permet de réduire le recours aux pesticides. Les premiers résultats ’ réjouissants ’ montrent que ces semis laissant de la place au vide ne provoquent pas de perte de rendement dans les champs de blé d’hiver.