Sept projets pour arrondir l’économie et alléger l’impact climatique

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Préparation de l'édition pilote de la CSAW. © Nicola Banwell 2021 EPFL

Préparation de l'édition pilote de la CSAW. © Nicola Banwell 2021 EPFL

Durant cinq jours, l’édition pilote de la Climate and Sustainability Action Week a réuni en ligne une trentaine d’étudiantes et étudiants qui ont élaboré des projets répondant aux principes de l’économie circulaire. Ceci en équipe interdisciplinaire et dans une optique collaborative.

Un «Eco-Score», soit une note quantifiant l’impact écologique des repas servis dans les cafétérias de l’EPFL, «Karma», une nouvelle monnaie, une plateforme numérique et un lieu pour partager biens et services au sein de la communauté EPFL, ou encore «Web Citizens», un add-on à installer sur son navigateur pour forger l’esprit critique et lutter contre la désinformation. Durant cinq jours, plus de trente étudiantes et étudiants de l’EPFL ont cherché à rendre le campus et la société plus durables, en participant à l’édition pilote de la Climate and Sustainability Action Week (CSAW ).

Une édition co-organisée par une dizaine d’étudiantes et étudiants ainsi que par des membres de la Vice-présidence académique, de la Vice-présidence pour l’Innovation, de la Vice-présidence pour la transformation responsable, de la Faculté ENAC, et du Collège des humanités. L’objectif de cette (courte) semaine - Élaborer en équipe interdisciplinaire des projets favorisant une économie circulaire. Car majoritairement, l’économie ne tourne pas rond. Elle s’apparente plutôt à une ligne droite, avec une fin abrupte. La matière première est extraite, un bien de consommation est fabriqué, emballé, puis acheminé vers son destinataire qui va l’utiliser, jusqu’au moment où il s’en débarrassera. Ensuite, certains éléments seront peut-être recyclés, le reste terminera en déchets, point final. En sachant qu’environ 45% des émissions globales de CO2 proviennent de la consommation de biens et services ( Ellen MacArthur Foundation 2019 ) encourager le recyclage et prolonger la durée de vie de ces derniers s’avère donc essentiel.

Questionner les problèmes

Pour la CSAW, les étudiantes et étudiants ont donc dû imaginer des projets implémentables, durables, avec un impact positif sur le climat, l’environnement et la société. «Nous avons décidé de nous focaliser sur l’aspect collaboratif et interdisciplinaire, c’est pourquoi il ne s’agissait pas d’une compétition, explique Michka Mélo, coordinateur de la CSAW. Nous voulions encourager les connections entre les projets, penser à des synergies avec des projets déjà existants, et inviter les participantes et participants à se mettre en réseau avec d’autres actrices et acteurs du milieu académique, associatif et de l’entrepreneuriat. Cela a très bien fonctionné et nous sommes contents, car la semaine a été suivie par quasiment tout le monde jusqu’au bout. Ce qui était un pari, puisqu-elle a eu lieu juste avant le début du semestre, durant un week-end et entièrement en ligne. Trouver un format permettant une bonne interaction a d’ailleurs été un challenge.»

Les étudiantes et étudiants en Bachelor et en Master de différentes sections ont d’abord dû appréhender les concepts de durabilité et d’économie circulaire, avant de plancher sur la manière d’apporter leur pierre à l’édifice en tant qu’ingénieur ou architecte. «Nous avons favorisé une approche orientée problème plutôt que solution, remarque Eric Domon, chargé de projets à EPFL Durabilité et co-organisateur de la CSAW. C’est pourquoi nous avons dédié un temps important à la compréhension des problèmes, avec une approche systémique.» Et Michka Mélo d’ajouter, «nous voulions que les étudiantes et étudiants questionnent les problèmes soumis, leur formulation.»

Au cours de la semaine, plusieurs professeurs de l’EPFL et intervenants extérieurs se sont exprimés, notamment pour présenter des projets concrets répondant aux principes de l’économie circulaire. Par équipe interdisciplinaire de deux à cinq personnes, rassemblant des étudiants de la 1ère à la dernière année, les participantes et participants ont ensuite «prétotypé» sept projets.

Des projets amenés à se poursuivre

Pour attirer l’attention des consommateurs et consommatrices sur les microplastiques, «Plast-Impact», une machine installée dans les magasins d’alimentation et une application permettant de connaître la quantité de microplastiques contenue dans les produits en les scannant. «Dans un monde idéal, il faudrait une loi incitant les fabricants à lister les microplastiques contenus dans chaque produit. Cependant, nous pourrions imaginer nous baser sur des moyennes», remarque l’équipe de Plast-Impact. Ceci avec des récompenses pour les personnes en consommant le moins. Une démarche de sensibilisation similaire à celle de l’Eco-Score pour les repas proposés dans les cafétérias de l’EPFL. Un Eco-Score basé sur le bilan carbone mais aussi sur les conditions dans lesquelles les matières premières ont été produites.

Plusieurs idées ont aussi émergé pour éviter le gaspillage et encourager le partage. Un groupe a imaginé une bibliothèque d’objets au Vortex sous l’égide de la Maison de la durabilité . Un autre a pensé à une application pour donner une deuxième vie aux habits écartés des armoires, via un principe de « Mix and Match » et surtout des événements communautaires, par exemple pour rafraîchir de vieilles fripes. Quant au projet «Karma», ses concepteurs l’imaginent comme une «plateforme qui pourrait constituer une nouvelle fonctionnalité dans l’application EPFL Campus».

Avec un objectif éducatif, une équipe s’est penchée sur la création d’un jeu de plateau « Circle it», destiné à familiariser toutes les catégories d’âges aux principes de l’économie circulaire, en trouvant la bonne balance entre les aspects éducatifs et divertissants. Quant au add-on «Web Citizens», il vise à pallier la désinformation, en entretenant l’esprit critique des internautes, par exemple via des commentaires apparaissant sur la page consultée, proposant des sources alternatives ou rendant attentifs à la diversité de points de vue. Une extension à laquelle pourraient participer des « citoyens du web » volontaires.

«Tous les groupes ont pensé à la manière dont leur projet pourrait se poursuivre, que cela soit via un projet de semestre, de Master ou un programme proposé par l’Ecole. A voir si cela se concrétisera. Nous allons également débriefer sur le format de cette édition pilote, les compétences transversales acquises par les étudiantes et étudiants au cours des cinq jours et améliorer ce qui doit l’être pour une nouvelle CSAW en septembre, si possible en présentiel», conclut Michka Mélo.

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