Théâtre de la Connaissance 2015: Quand arts et sciences sociales dialoguent pour mieux appréhender le monde

Pour sa seconde édition, le Théâtre de la Connaissance, qui s’inscrit dans la volonté de l’Université de Neuchâtel de mettre les connaissances en scène et en débat, poursuit sa mission en explorant le lien entre théâtre et sciences sociales et historiques. Au coeur de l’événement, la pièce de théâtre documentaire d’Adeline Rosenstein Décris-Ravage qui propose une lecture différente de la Question de Palestine. Un colloque, une exposition et des formations traiteront plus spécifiquement des dialogues et collaborations entre arts et sciences humaines et sociales, en interrogeant entre autres les processus de mise en forme du savoir.
Articulé autour de quatre dispositifs, le Théâtre de la Connaissance se déroulera cette année à trois endroits différents. Du 22 au 25 avril, le Temple Allemand de La Chaux-de-Fonds lèvera le rideau sur la pièce de théâtre documentaire Décris-Ravage d’Adeline Rosenstein qui, grâce à la démultiplication des points de vue, des sources et des représentations, propose une lecture différente de la Question de Palestine, mais aussi de la complexité des rapports passés entre les Grandes Puissances, les nouveaux Etats et l’Empire Ottoman au XIXe siècle ou encore de la place de l’Europe dans le monde, tout en stimulant une réflexion tournée vers l’avenir. «J’aspire à démêler le noeud, comprendre autrement, loin des préjugés occidentaux vis-à-vis du Moyen-Orient», explique l’artiste suisse domiciliée à Bruxelles qui, dans le but de se distancer des images diffusées dans les médias, a pris le parti de se passer d’iconographies.
Les spectateurs pourront toutefois «s’approcher» des images grâce à l’Expo-Labo de la scénographe allemande Yvonne Arder. Intitulée Lire l’invisible, dire l’indicible, l’installation hébergée au Temple Allemand ainsi qu’au Centre de culture ABC pendant toute la durée du spectacle donne la possibilité aux visiteurs de créer leurs images par la parole. «Ce projet est une visite de l’étrange atelier intime où les individus tissent et défont l’histoire à leur façon. Enfin, un peu de magie fait aussi partie du jeu.»
Le colloque Les mises en formes du savoir aura lieu le jeudi 23 avril, à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Neuchâtel. Comment penser les dialogues entre arts et sciences sociales, et à qui s’adressent-ils’ En quoi ces mises en forme du savoir – graphique, spatiale, portée par des acteurs – participent-elles à la production de celui-ci ou à sa transformation? Permettent-elles de toucher un plus large public? Autant de questions qui seront abordées par les professeurs de la faculté, ainsi que le sociologue et philosophe belge Jean-Michel Chaumont, de l’Université catholique du Louvain (BE), le spécialiste français du Moyen-Orient Henry Laurens, du Collège de France, et la metteure en scène Adeline Rosenstein.
Enfin, la réflexion se poursuivra à l’UniNE au semestre de printemps, grâce à des cours consacrés à des problématiques liées à Décris-Ravage, telles que: l’imagination comme processus de compréhension du monde, avec Tania Zittoun, de l’Institut de psychologie et éducation; et la construction de l’événement historique, avec les historiens Laurent Tissot et Francesco Garufo.
Cette deuxième édition du Théâtre de la Connaissance s’inscrit dans la volonté de l’Université de Neuchâtel de soutenir le développement de formes nouvelles de mises en scène des connaissances académiques au travers de projets innovants. Cette année, le Théâtre de la Connaissance est le fruit d’une collaboration entre l’Institut de psychologie et éducation, l’Institut d’histoire, la Maison d’analyse des processus sociaux (MAPS) et le rectorat de l’UniNE, ainsi que le Théâtre ABC à La Chaux-de-Fonds.

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