Un atlas audiovisuel pour découvrir les patois valaisans en 3D

Découvrir en sons et en images toute la richesse des patois valaisans : c’est ce que propose le projet ALAVAL (Atlas linguistique audiovisuel du francoprovençal valaisan), un atlas unique au monde du Centre de dialectologie et d’étude du français régional qui vient d’aboutir au terme de 25 longues années. Il est désormais disponible en à l’adresse alaval.unine.ch/ . Pour fêter l’événement, une journée de présentation aura lieu le 7 décembre prochain, à la Faculté des lettres et sciences humaines (salle RE.48), en présence des locutrices et locuteurs ainsi que des familles des patoisant-e-s qui ont participé au projet.

S’inscrivant dans la grande tradition des atlas européens, l’ALAVAL recense les différentes formes de grammaires des langues appartenant au francoprovençal. Mais pas de n’importe quelle manière : au travers de 235 cartes, il restitue au travers de courtes vidéos la parole dialectale dans toute sa richesse, avec son accent, son intonation, mais aussi sa gestuelle. L’atlas a nécessité 25 ans de travail : ’C’est un privilège d’avoir pu le terminer avant la fin de ma vie’, confie Andres Kristol, co-directeur du projet devenu depuis professeur émérite.

Lancé en 1994, le projet a notamment pour but de sauvegarder les patois valaisans qui figurent sur la liste rouge des langues menacées de l’UNESCO. ’Si nous ne pouvons pas sauver une langue, nous avons le devoir en tant que chercheuse et chercheur de préserver sa mémoire’, souligne Andres Kristol. Afin de documenter et de préserver ce patrimoine immatériel, lui et son équipe ont sillonné de 1994 à 2001 les vallées latérales du Rhône pour interviewer, caméra au poing, une cinquantaine de personnes réparties dans vingt-et-un villages valaisans. Deux communes valdôtaines et deux en Haute-Savoie ont été ajoutées, afin d’illustrer le degré de parenté des dialectes valaisans avec ceux des régions voisines. Une fois filmées, les interviews ont été découpées en phrases, transcrites puis analysées sous forme de cartes. Ce travail herculéen a permis l’élaboration d’un corpus global de plus de 17 000 phrases, dont 11 500 sont aujourd’hui en ligne.

Pour fêter l’événement, le Centre de dialectologie organise le 7 décembre prochain une journée de présentation. oeIl est important pour nous de rendre notre travail à la communauté, explique Andres Kristol. C’est également une façon de remercier les patoisant-e-s qui ont participé au projet ou du moins leurs familles, puisqu’une grande partie des personnes interviewées sont depuis décédées.’