Un drone-tortue qui vole deux fois plus longtemps

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Le drone à deux hélices de la start-up de l’EPFL Flybotix est présenté aujourd’hui à Xponential aux Etats-Unis, la plus grande foire de drones au monde. Destiné à l’inspection des endroits dangereux, cet appareil aux moteurs plats est peu bruyant, gagne en temps de vol et est aussi capable de se retourner comme une tortue s’il se retrouve à l’envers au sol. Les moteurs plats de cet appareil dont la mise sur le marché est prévue pour 2021, sont issus d’une collaboration entre la start-up et une des grandes entreprises présentes au parc d’innovation de l’EPFL.

Grâce à son système de propulsion à deux hélices, le drone de la start-up Flybotix peut se targuer d’un temps de vol inégalé et d’une très faible nuisance sonore. Le drone, dont le premier prototype était présenté en été 2019, est maintenant doté d’un moteur ultra plat spécifiquement développé en collaboration avec maxon, une grande entreprise du Parc scientifique de l’EPFL. Il est présenté aujourd’hui, en ligne, à Xponential, la plus grande foire d’engins sans pilote du monde. L’entreprise prévoit un lancement sur le marché début 2021.

Vingt minutes de vol et des moteurs plats

Les drones suffisamment petits pour se faufiler dans des espaces restreints, par exemple des gaines techniques, ont actuellement une autonomie d’une dizaine de minutes. Afin d’économiser de l’énergie et donc du temps de vol, le système de propulsion du drone s’apparente à celui d’un hélicoptère, dont l’efficacité aérodynamique est unique. Seul le système de stabilisation, habituellement mécanique et encombrant, est assuré par des algorithmes. Un système qui permet de doubler le temps de vol.

La position superposée des deux hélices rendait indispensable, afin de libérer de la place pour d’autres charges utiles, de modifier la forme des moteurs. Le parc d’innovation de l’EPFL compte plus de 200 start-up mais aussi de nombreuses antennes de grandes entreprises qui se rapprochent ainsi de l’innovation rapide et foisonnante qui prend vie sur le campus. C’est une collaboration avec l’une d’elle, maxon, dont la maison mère est basée à Sachseln dans le canton d’Obwald, qui a permis la mise au point de moteurs spécifiques. « La partie fixe est par exemple inversée. Cela a permis de les rendre plus plat afin d’avoir davantage de place entre les hélices », souligne Olivier Chappuis, responsable de miLab, la cellule du campus. L’expertise de la grande entreprise, spécialisée dans les moteurs, alliée au dynamisme de la start-up a permis le développement rapide d’un système de propulsion adéquat. « Les collaborations avec des start-ups nous apportent également beaucoup, note le responsable de l’antenne. Elles ont besoin de solutions inédites dans un temps record, cela nous pousse à une innovation rapide qui engendrera des développements intéressants pour d’autres applications ».

Le retournement de la tortue

Le drone présente diverses autres innovations, dont une cage brevetée qui lui permet de ne pas craindre les obstacles, mais aussi de se retourner s’il se retrouve à l’envers sur le sol. Ce système, inspiré par la méthode des tortues, génère un mouvement de balancier grâce à un algorithme avancé qui contrôle le système de propulsion. L’appareil en difficulté se balance pendant quelques secondes jusqu’à ce que l’amplitude des oscillations lui permette de retrouver son aplomb.

L’année 2020 a été prolifique pour Flybotix puisque malgré la crise sanitaire, elle a obtenu un investissement de 1,5 millions de francs qui lui a permis d’agrandir son équipe de quatre à dix personnes. Le drone, qui est prêt pour une fabrication en série, sera assemblé en Suisse. Une des premières utilisations envisagées par la start-up est la surveillance de zones dangereuses ou inaccessibles. D’autres start-up de la région développent des drones présentant certaines applications ou caractéristiques similaires. « Nous les connaissons, ils représentent un modèle de réussite pour les startups Suisses, souligne Samir Bouabdallah, CEO de Flybotix. Nous espérons qu’une émulation se crée autour des drones dans la région qui ne peut qu’être bénéfique pour tous, comme elle l’est pour les marques horlogères par exemple ».