Un projet pédagogique durable à l’Université de Neuchâtel

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A Neuchâtel, le site d’UniMail est appelé à devenir un laboratoire vivant pour étudier l’agroécologie sous les angles à la fois biologique et social. L’idée sera développée dans le cadre du Bachelor en biologie et ethnologie actuellement proposé par Alexandre Aebi, maître d’enseignement et de recherche en agroécologie à l’Université de Neuchâtel. Un projet pédagogique vient d’obtenir un soutien financier de 100’000 francs de la Conférence universitaire suisse (CUS) dans le cadre de son programme « Développement durable des universités ». La première volée pourra suivre un enseignement unique en son genre dès la rentrée académique de ce mois de septembre.

Sur la colline du Mail, terrasse emblématique surplombant l’Est de la ville de Neuchâtel, se dresse le bâtiment de la Faculté des sciences aux allures d’acropole. Or, tout autour de cet écrin du savoir se niche une mosaïque d’espaces verts qui ne demande qu’à être mise en valeur. D’où l’idée originale de certains occupants du lieu : pourquoi ne pas transformer le site en zone d’étude de la biodiversité et de l’agroécologie - La démarche s’inscrit parfaitement dans la mission académique d’Alexandre Aebi qui vise à créer des ponts entre sciences naturelles et sociales, en collaboration avec la professeure d’ethnologie Ellen Hertz.

Ce projet pédagogique est né de la volonté de proposer des cours frontières entre la biologie et l’ethnologie et du désir de certains étudiants de revaloriser la biodiversité autour de leur université. « Tout est parti d’une initiative d’étudiants de cette filière, rappelle l’enseignant-chercheur. Des personnes très motivées avaient envie de se « salir les mains » en souhaitant créer des jardins et des potagers. » Mais de l’idée aux actes, le chemin s’avère tortueux, sachant que les décisions dépendent de plusieurs instances : de l’Université, mais aussi de la Ville, de l’architecte cantonal, du Service des espaces verts. Sans oublier les habitants du quartier.

Le laboratoire à ciel ouvert sera donc réalisé en intégrant au mieux tous les acteurs concernés, dont plusieurs ont accueilli le projet avec enthousiasme. Un précédent cours d’APP (apprentissage par problème) a permis aux étudiants de déterminer la faisabilité des réalisations susceptibles de donner corps à ce projet de laboratoire de la biodiversité. L’amélioration du site pourrait ainsi passer par la création d’un corridor écologique, d’un jardin potager en permaculture et d’un sentier didactique. Les discussions sont en cours.

Quant aux sujets abordés dans le cadre du cours, ils traitent de la biodiversité et de l’agriculture urbaines, tout en abordant la délicate question de la gestion d’insectes envahissants problématiques, le thème de prédilection d’Alexandre Aebi. Cet enseignement entend déboucher sur des recommandations concrètes pour valoriser la biodiversité en milieu urbain et attache une grande importance à la communication des résultats vers les professionnels des domaines concernés et le grand public. La formation offrira ainsi des outils permettant de résoudre des problématiques complexes, faisant appel à des compétences interdisciplinaires. Elle constituera une base idéale pour mener à bien des projets touchant au développement durable, que ce soit au sein d’administrations publiques ou dans des ONG préoccupées par ces questions.