Un réveil qui met de bonne humeur

Sebastian Savidan, Paul Callens et Marc Briquet © Alain Herzog/ 2019 EPFL

Sebastian Savidan, Paul Callens et Marc Briquet © Alain Herzog/ 2019 EPFL

Deux étudiants, un diplômé et un doctorant de l’EPFL ainsi qu’un doctorant de l’UNIL, s’apprêtent à lancer Wakeit. Une application de réveil à dimension sociale proposant de faire appel à ses amis pour sortir du lit à l’heure.

S’extraire de son sommeil équivaut parfois à une petite souffrance. Surtout si le glas de la rêverie sonne à l’aube et que son chant s’apparente à une criarde ritournelle. Que celui ou celle qui n’a jamais touché au bouton snooze s’annonce. Pour rendre le réveil plus aisé et agréable, une équipe de cinq joyeux drilles, qui se sont rencontrés à l’EPFL et dans le cours d’Innosuisse Business Concept, s’apprête à lancer Wakeit. Une application de réveil à dimension sociale, gratuite, s’adressant en priorité à la génération Z rompue aux réseaux sociaux. Le credo ? «Turn grumpy mornings into funny mornings » (transforme les matins grincheux en matins marrants)

«Beaucoup d’applications d’alarme se ressemblent, nous voulons briser ce côté monotone et rendre le réveil plus fun et diversifié via l’interaction sociale, relève Sebastian Savidan, détenteur d’un Master EPFL en microtechnique. L’application proposera notamment de se faire tirer du lit avec des stories ou photos qui s’ouvrent uniquement au réveil, avec des protections contre les tricheurs qui voudraient mettre un réveil l’après-midi ou le soir pour les voir en avance. L’utilisateur pourra aussi choisir de réaliser des jeux/défis pour arrêter son réveil.» L’équipe de Wakeit étant en train d’affiner ces derniers, elle ne souhaite pas en dire plus pour l’instant. Par la suite, il est prévu d’intégrer chaque mois à l’application de nouveaux «wakies», soit des méthodes de réveil diversifiées. L’objectif étant que chacun y trouve son compte. «Nous nous chargeons de l’élaboration des méthodes de réveil, avec l’aide d’intelligence artificielle pour certaines», souligne Sebastian Savidan.

Soutien des Xgrants

«Le projet a émergé lors du Lausanne Startup Weekend 2018 (ndlr: durant lequel il s’agit de créer une Start up en 54h). Comme nous avons tous les deux du mal à nous réveiller le matin, nous avons pensé qu’il serait cool d’avoir un réveil plus motivant que les alarmes classiques. Nous avons donc lancé cette idée, mais sans vraiment y avoir réfléchi auparavant. Elle a été sélectionnée, nous avons travaillé sur ce projet tout le week-end et à la fin il a été récompensé », expliquent Sebastien Savidan et Paul Callens qui effectue sa troisième année de Master à l’EPFL en Microtechnique.

Les deux amis qui partagent de la goût d’entreprendre, ont ensuite continué à plancher sur Wakeit. Ils ont effectué une étude de marché, distribué 250 questionnaires et conduit près d’une vingtaine d’interviews pour mieux définir les habitudes de réveil de leur public cible. Ils ont également sollicité une dizaine de leurs amis pour tester une première version de l’application, et le côté social a particulièrement séduit.

En 2018, Sébastien et Paul ont obtenu un Xgrant. Un soutien financier allant jusqu’à 10’000 francs, destiné aux étudiantes et étudiants de l’EPFL qui veulent développer un projet innovant. De l’argent qui leur a permis de travailler sur une version bêta de l’application qui devrait être lancée à la rentrée de septembre. Et sera disponible sur iOs et Android.

Désormais, trois personnes sont venues s’associer au duo à l’origine de Wakeit: Mark Mouawad, étudiant à l’EPFL en première année d’informatique, Bastian Muriel, doctorant à l’EPFL en chimie organique et Marc Briquet, doctorant en neurosciences à l’UNIL. Le premier s’occupant du développement technique de l’application et les deux autres du développement commercial. «J’ai découvert que concevoir des alarmes est un cauchemar, remarque Mark Mouawad. Le débogage et le test du code sont difficiles. Votre logiciel peut fonctionner lorsque vous testez l’alarme dans les 5 minutes, mais vous devez être sûr que cela fonctionnera dans 10heures et le seul moyen de le tester est d’attendre le lendemain matin, en espérant que cela ne se crashe pas pendant la nuit. Mais le vrai défi, qui est pour moi le plus stimulant, est de concevoir une interface avec une expérience utilisateur agréable et harmonieuse.»

Jongler avec les compétences

Toute l’équipe a dû également s’initier aux différentes facettes de l’entrepreneuriat. «Au quotidien, nous apprenons sur de nombreux sujets, marketing, finance, gestion de projet ou démarchage. Et nous sommes confrontés à des problèmes qu’il faut résoudre dans un temps limité», relève Bastien Muriel. Les membres de Wakeit travaillent actuellement sur le projet en parallèle à leurs études ou leur activité professionnelle. Mais par la suite, ils espèrent pouvoir consacrer plus de temps à Wakeit, et rendre leur application indispensable pour de nombreux utilisateurs bien au-delà des frontières suisses. Si la version de base de l’application sera gratuite, ils souhaitent proposer des «wakies» additionnels payants. Ils ont également déjà approché plusieurs entreprises locales. «L’idée est de faire des partenariats pour les «wakies», par exemple avec un centre de sport pour proposer une option de réveil sous forme d’exercices physiques», note Sebastian Savidan. Par contre, l’application ne contiendra pas de pop-ups, ni de bannières de publicité, précise Bastian Muriel. Histoire de ne pas se réveiller du mauvais pied.