Un hydrogel contre le cancer noir de la peau

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Le groupe de recherche autour de Mirjam Schenk à l’Institut de pathologie,

Le groupe de recherche autour de Mirjam Schenk à l’Institut de pathologie, Université de Berne (de gauche à droite : Mirjam Schenk, Steve Robatel, Lukas Bäriswyl, Mirela Kremenovic). Image : Mirjam Schenk

Des chercheurs de l’Université de Berne ont développé une possibilité de traitement qui active le système de défense de l’organisme contre le cancer noir de la peau. Des composants d’une bactérie sont incorporés dans un gel et appliqués directement dans la zone de la tumeur. Le modèle a montré que le gel réduit la croissance de la tumeur, inhibe sa propagation à d’autres organes et prolonge ainsi la survie. Dans une prochaine étape, l’efficacité du gel sera testée chez les patients dans le cadre d’études cliniques.

Le cancer noir de la peau (mélanome) est un cancer malin qui, s’il est diagnostiqué tôt, peut être complètement éliminé avec de bonnes chances de guérison. Les perspectives s’assombrissent toutefois pour les personnes concernées lorsque, à un stade ultérieur de la maladie, des métastases de la tumeur se propagent à d’autres organes. Au cours des dix dernières années, il est apparu que l’activation du propre système immunitaire par des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires permettait d’obtenir des succès thérapeutiques spectaculaires. Malheureusement, une bonne moitié des patients n’y répondent pas", explique Mirjam Schenk de l’Institut de pathologie de l’Université de Berne. Son groupe montre maintenant une voie prometteuse pour lutter contre le cancer noir de la peau avec un hydrogel d’un nouveau genre.

Jusqu’à présent, une bactérie vivante au pouvoir infectieux atténué (Bacillus Calmette-Guérin, BCG), développée comme vaccin contre la tuberculose, était autorisée pour le traitement des mélanomes métastatiques de la peau. Bien qu’il ait entraîné une régression des tumeurs cutanées locales traitées directement et parfois enlevées, il s’est révélé moins efficace chez les personnes atteintes de métastases dans les organes internes et n’a pas pu améliorer de manière significative le taux de survie des patients concernés. De plus, ce traitement à base de bactéries vivantes comporte un certain risque et n’est utilisé que dans de rares cas.

Un hydrogel pour un traitement efficace du mélanome métastatique

Le groupe de recherche de Mirjam Schenk vient de montrer que les composants de cette bactérie sous forme de gel sont plus efficaces pour contrôler la croissance tumorale que les bactéries BCG vivantes utilisées jusqu’à présent. En collaboration avec des chercheurs de l’EPFL et du Harbor-UCLA Medical Center (États-Unis), ils ont mis au point un nouveau type d’hydrogel thermosensible, qui peut être administré facilement et en une seule fois. Cet hydrogel est liquide à température ambiante, mais forme un gel visqueux à température corporelle qui agit ainsi comme un dépôt local et libère en continu des composants de la bactérie. Il en résulte une activation durable du système immunitaire.

Lors de l’essai, des souris atteintes de mélanome ont montré une durée de survie significativement plus longue après un traitement avec le gel. Parallèlement, la formation de tumeurs secondaires (métastases) dans les poumons a été supprimée. En outre, les chercheurs ont pu mettre en évidence une amélioration qualitative et quantitative de la réponse immunitaire des cellules T contre les cellules de mélanome dans des biopsies de patients atteints de mélanome après un traitement par le BCG. Ils ont également trouvé une corrélation positive entre cette réponse immunitaire et un taux de survie amélioré. Selon les chercheurs, cela plaide en faveur d’une application clinique : ’L’application locale de l’hydrogel est une option immunothérapeutique efficace et sûre pour réduire la charge métastatique et prolonger la survie des patientes et patients atteints de mélanome’, Schenk en est convaincu. Ces résultats sont d’une grande importance non seulement dans le contexte de la recherche en immuno-oncologie pour le traitement du mélanome, mais aussi pour d’autres tumeurs.

La prochaine étape consistera à tester l’efficacité du gel chez les patients dans le cadre d’études cliniques et à le comparer aux thérapies déjà autorisées.

Institut de pathologie

L’Institut de pathologie de l’Université de Berne couvre toute la gamme des diagnostics morphologiques et moléculaires sur des échantillons de tissus. Sa recherche porte sur l’origine, le diagnostic et le traitement des maladies. Les immunopathologies, les maladies inflammatoires et les aspects de la biologie tumorale constituent les priorités thématiques actuelles. Des études ex vivo sont menées sur des échantillons de tissus humains et des systèmes modèles expérimentaux in vitro et in vivo sont également utilisés.
https://www.pathology.unibe.ch



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