90% des galaxies ne sont pas détectées
Depuis longtemps déjà, les astronomes savent qu'un nombre élevé de sources lumineuses n'est pas détecté lors des grands relevés systématiques effectués dans l'univers lointain. Mais aujourd'hui, grâce à un relevé extrêmement minutieux, une équipe de chercheurs a pu déterminer pourquoi une grande fraction de ces galaxies situées à dix milliards d'années-lumière demeure invisible. Cette recherche a aussi permis de dévoiler quelques-unes des galaxies les moins lumineuses jamais détectées à ce stade de l'évolution de l'univers. Pour sonder la présence de galaxies formées dans l'univers lointain, les astronomes utilisent très fréquemment la raie spectrale de Lyman alpha émise par les atomes d'hydrogène. Toutefois, rapidement, ils se sont mis à suspecter qu'une fraction importante de ces galaxies passait entre les mailles de leur filet. Cependant, grâce à un relevé dernièrement réalisé avec le Very Large Telescope (VLT) de l'Observatoire européen austral (ESO), un groupe international de spécialistes vient, pour la première fois, de comprendre les raisons de ce phénomène: une quantité équivalant à environ 95% de l'émission Lyman alpha, émission habituellement choisie pour révéler les objets lointains, est en fait retenue dans les galaxies d'où elle ne peut s'échapper. 'Les astronomes le pressentaient' précise Matthew Hayes, chercheur et membre de l'équipe de Daniel Schaerer à l'Observatoire de l'Université de Genève (UNIGE), mais c'est la première fois qu'ils en ont un moyen de mesurer cet effet et de calculer la fraction qui manque.



