
Leviers majeurs de l’innovation, créatrices d’emploi, génératrices de croissance et de diversification du marché, les start-up sont fortement dépendantes des investissements et des fluctuations de l’économie. En Suisse, 2024 a été marquée par une baisse des levées de fonds de moins 8,5% par rapport à 2023 selon le Swiss Venture Capital Report [1] . Le recul est nettement moins élevé qu’entre 2022 et 2023 (34,8%). Dans ce contexte incertain, les start-up de l’EPFL gardent le cap et l’optimisme indispensable à leur amorçage. Le montant global des rentrées d’argent continue sa progression : un record de 512 millions de francs l’année dernière contre 470 en 2023. L’encrage de nos start-up dans la deeptech, ces innovations issues d’avancées scientifiques ou technologiques, semble représenter un une valeur sûre pour les investisseurs.
Une répartition harmonieuse des investissements
Les biotechs et medtechs ont attiré les plus grosses levées de fonds en 2024. Des entreprises comme Amazentis, Onward Medical, Orbis Medicines, et Volumina Medical ont su séduire des investisseurs prêts à miser sur des innovations à fort potentiel. Cet apparent monopole du secteur de la santé dans la tranche des grosses levées de fonds souligne la condition sine qua non à leur croissance. « Les phases de recherche et développement, les processus pour se conformer à la réglementation avant la mise sur le marché, ou encore les délais de rentabilité sont particulièrement longs, sans parler des infrastructures et des équipements coûteux », souligne André Catana, responsable de l’Unité start-up de l’EPFL.La répartition harmonieuse des montants plus modestes, à tous les stades de croissance des entreprises, reflète la bonne santé de l’écosystème. « On compte par exemple un montant total de 68 millions pour les tours de financement de moins de 5 millions et de fonds non dilutifs, sans prise de participation dans l’entreprise. Cela constitue une augmentation de presque 50% par rapport à 2023 où les fonds pour la même fourchette atteignaient 45 millions, ce qui constituait déjà un record », explique le responsable.
Sans l’Innogrant, notre entreprise n’existerait pas. Il a été essentiel pour arriver à un stade de développement suffisant afin d’obtenir des fonds de démarrage extérieurs
Maxime Nachit, directeur de la strat-up HepaVue
24 start-ups créées en 2024
Vingt-quatre nouvelles start-up ont été créées en 2024, réparties entre les technologies de l’information et de la communication (25%), l’ingénierie (25%), la medtech (25%), le cleantech (17%) et la biotech (8%). Une diversité sectorielle témoin de la richesse de la recherche menée au sein de l’institution et de sa capacité à innover dans des domaines variés. À noter qu’un tiers de ces start-up intègrent l’IA dans leurs produits et leurs services.Autre marqueur clef de l’écosystème d’innovation qui gravite autour de l’EPFL: l’importance des futurs entrepreneurs et entrepreneuses pour ses programmes d’aide au démarrage. Les candidatures poursuivent leur pente ascendante. L’Innogrant, véritable rampe de lancement pour jeunes pousses, offre sur la base d’un projet -trèssolidement ficelé, un an de financement équivalent à un salaire et un accompagnement dans la phase d’incubation. Treize bourses ont été accordées l’année dernière. En vingt ans, 201 start-up ont été mises sur orbite par ce programme, dont 86% sont encore en activité. « Sans cette aide dont nous avons bénéficié en 2023, notre entreprise n’existerait pas, résume Maxime Nachit, directeur d’HepaVue, qui développe une technologie de biopsie virtuelle du foie qui vise à rendre le diagnostic plus facile et plus sûr. Il a été essentiel pour arriver à un stade de développement suffisant afin d’obtenir des fonds de démarrage extérieurs », explique l’entrepreneur. Comme cette jeune entreprise, 77% des projets parviennent à être officiellement incorporés après ce type de soutien.


