Quand la technologie se met au service du handicap

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L'orthèse robotique pour César © Muriel Greber 2022 EPFL

L'orthèse robotique pour César © Muriel Greber 2022 EPFL

Durant le cours intitulé « Assistive Technology Challenge », des étudiants de l’EPFL ont développé des solutions personnalisées pour des patients atteints de handicap moteur.

Il y a cinq ans, César a eu un AVC qui l’a laissé hémiplégique. Depuis, il ne peut plus se servir de sa main gauche. Swan, 15 ans, souffre, lui, du syndrome de la tête tombante. Il y a également Caroline, qui travaille dans la formation d’adulte, née avec une malformation des mains et qui rencontre des difficultés pour taper sur son clavier d’ordinateur, ou encore Balz qui est atteint d’une paralysie de la main gauche à la suite d’un AVC. Enfin, Andrea, tétraplégique après un accident de ski et artiste dans l’âme, aime passer son temps libre à peindre. Ces cinq personnes ont sollicité des étudiantes et étudiants du cours intitulé « Assistive Technology Challenge » de l’EPFL et leur ont proposé de relever un défi : celui de trouver une solution à leur à leur défi du quotidien.

Issus des sections de mécanique, de microtechnique, d’électricité ou des matériaux, les étudiantes et étudiants ont été réunis en petits groupes. « L’idée est de créer des équipes pluridisciplinaires où chacun peut apporter des compétences dans son domaine », explique Alice Bruel, coordinatrice du cours. Ils ont bénéficié d’un semestre pour élaborer une technologie, un dispositif ou encore un prototype pour une des cinq personnes handicapées. Début juin, ils ont exposé les fruits de leur travail lors d’une présentation commune. « Le but est de développer un projet autour et avec la personne en situation de handicap », commente Alice Bruel. Chaque groupe a eu à sa disposition un budget de mille francs pour l’achat du matériel.

Des projets divers

« Je désirais pouvoir ouvrir et fermer ma main gauche afin de saisir des objets ou effectuer des tâches telles que couper du pain ou ouvrir une bouteille », raconte César. Son groupe lui a créé une orthèse robotique. Grâce à un petit moteur, ce dispositif ouvre et ferme les doigts de la main. « Cela a été une expérience enrichissante où l’on a beaucoup appris », relate Nour Tnani, étudiante en microtechnique. Ce prototype nécessite encore des ajustements techniques pour que César puisse l’utiliser dans son quotidien, mais les étudiants espèrent que le projet sera repris lors de la prochaine session de cours et qu’une solution plus fonctionnelle lui sera proposée.

Pour Andrea, l’artiste peintre, les étudiantes et étudiants ont imaginé un chevalet robotique qui se déplace par commande vocale. « Étant donné qu’il ne peut pas se mouvoir et peint avec le pinceau dans sa bouche, nous avons décidé que ce serait la toile qui allait bouger », explique Sébastien Franca, étudiant en génie mécanique. Les étudiants ont même pensé au plus petit détail : la commande vocale s’effectuera en anglais afin que le tableau reste immobile lorsqu’il ne peint pas et parle en français.

Détecter les mouvements de doigts pour créer des raccourcis clavier

Pour Swan, les étudiants ont repris la forme de sa minerve existante, mais en on crée une version améliorée d’un piston qui lui permet de baisser ou de monter sa tête à l’aide d’une petite batterie fixée sur son fauteuil. « C’est vraiment cool. Grâce à cette nouvelle minerve, je n’aurai plus besoin de demander l’aide de quelqu’un pour redresser ma tête », se réjouit l’adolescent.

Quant à Balz, les étudiants ont mis en place une caméra qui filme ses doigts. Ils ont ensuite créé un programme informatique où chaque mouvement est relié à une fonction sur l’ordinateur. « Par exemple, s’il bouge le pouce, cela ouvert une fenêtre Window, ou s’il remue l’index cela enclenche les majuscules et il peut taper au clavier avec sa main droite en même temps », explique Thomas Peeters étudiant en microtechnique.

Pour finir, les étudiants ont proposé un nouveau clavier d’ordinateur à Caroline pour que sa main gauche, plus handicapée, se fatigue moins. « D’abord, nous lui avons créé une plateforme à installer sur son bureau pour soutenir son coude. Ensuite, nous avons fabriqué un mécanisme pour relever son clavier tactile et finalement, nous avons reprogrammé ce dernier afin de mettre les touches qu’elle utilise le plus vers sa main droite », précise Arthur André, étudiant en microtechnique. « J’ai réalisé plusieurs essais avec eux pour leur faire part de la configuration que me plaisait le plus. J’ai par exemple demandé que les lettres a et e se trouvent du côté droit du clavier, car je les utilise beaucoup », raconte Caroline.

« Ces deux derniers projets ont nécessité un énorme travail en termes de codages, tandis que les trois autres abordaient des problématiques reliées davantage à la mécanique », soulève Alice Bruel.

Pour l’année prochaine, si des personnes en situation de handicap moteur souhaitent participer au cours, il leur est possible de prendre directement contact avec Alice Bruel via son adresse mail professionnelle ( [email protected] ) ou l’association HackaHealth.

Le cours « Assistive Technology Challenge » est supervisé par les professeurs Diego Ghezzi, Auke Ijspeert et Silvestro Micera, de la faculté des sciences et techniques de l’ingénieur.


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