Documents diplomatiques sur la politique étrangère de la Suisse 1994

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Les chefs du DMF et du DFAE, les conseillers fédéraux Kaspar Villiger (à gauche)
Les chefs du DMF et du DFAE, les conseillers fédéraux Kaspar Villiger (à gauche) et Flavio Cotti, lancent la campagne sur le projet de casque bleu pour la votation du 12 juin 1994 lors d’une conférence de presse, le 24 février 1994. ©dodis.ch/70193

Sacha Zala, professeur d’histoire générale suisse et contemporaine à l’Université de Berne et directeur du centre de recherche Dodis, présentera le 3 janvier 2025 à l’Université de Berne de nouvelles sources sur l’histoire de la politique étrangère suisse en 1994.

En ce début d’année, le centre de recherche Dodis présente ses recherches sur les relations internationales de la Suisse en 1994. Dodis a dépouillé près d’un kilomètre de documents provenant des Archives fédérales suisses. Le 1er janvier 2025, le centre de recherche a publié une sélection de documents particulièrement significatifs dans la base de données Dodis et dans sa dernière édition de dossiers - juste après l’expiration de leur délai légal de protection. L’accent est mis sur les négociations confidentielles avec l’UE concernant des accords bilatéraux sectoriels, la coopération en matière de politique de sécurité en Europe et l’intensification des contacts économiques mondiaux. Les dossiers de l’année 1994 montrent de manière symptomatique comment la politique intérieure et la politique extérieure sont étroitement imbriquées en Suisse", explique Sacha Zala, directeur de Dodis. Le non à l’EEE en 1992 ne devrait pas rester un cas isolé".

Tournant dans la politique des transports

En 1994, toute une série de votations ont montré que la politique étrangère suisse devait compter avec le peuple. Au début de l’année, en acceptant l’initiative des Alpes, les électeurs ont fait un pied de nez au Conseil fédéral non seulement en matière de politique des transports, mais aussi de politique étrangère. Le revirement brutal de la politique de transit suisse a suscité une grande irritation à Bruxelles. Le Conseil fédéral a tenté de calmer le jeu en affirmant que la Suisse respecterait ses engagements malgré l’initiative ’pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit’ ( dodis.ch/64665 ) et a présenté dès septembre une solution conforme aux exigences européennes. Le domaine des transports est toutefois resté au centre de l’attention, non seulement dans les négociations avec l’UE, mais aussi dans les médias et sur les tables des habitués suisses ( dodis.ch/68436 ).

Le Conseil fédéral en pleine crise de confiance ?

En juin, la participation de la Suisse aux casques bleus de l’ONU, l’article sur la promotion de la culture et la naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers ont tous échoué dans les urnes. Après cette cuisante défaite en votation, le Conseil fédéral a vu bien plus que son orientation fondamentale remise en question : une véritable perte de confiance dans un gouvernement ’pas toujours capable de diriger’ et la division du pays ont été diagnostiquées. Mais le Conseil fédéral est tout à fait capable de défendre sa politique. Pour cela, selon le conseiller fédéral Ogi, la politique étrangère de la Suisse devrait être davantage ancrée dans la politique intérieure (dodis.ch/67773 ). La collaboration au sein du Conseil ainsi que le respect de la concordance sont restés des sujets de discussion tout au long de l’année et ont fait l’objet d’un nouveau conclave à la fin de l’année ( dodis.ch/67782 ).

Un ’vin clair’ au lieu d’un ’vin blanc’.

La politique étrangère suisse dans les années 1990, de quoi s’agissait-il ? Le Conseil fédéral a pris position à ce sujet dans un document de base qui a été longuement débattu au Parlement en 1994. Le Conseil fédéral a tenu à ’mettre les choses au clair’ et à ne pas présenter un ’charabia alambiqué’. Il s’agissait en fin de compte d’expliquer que la politique étrangère concernait ’les intérêts essentiels du peuple suisse’, que les décisions du peuple n’avaient ’jamais arrêté l’histoire du pays’ ( dodis.ch/66378 ). Le président de la Confédération Stich le savait également lorsqu’il a pris la parole dans l’émission ’Arena’ de la télévision suisse pour défendre la loi contre le racisme, contre laquelle un référendum avait été lancé ( dodis.ch/68546 ). Contrairement à diverses décisions populaires prises en 1994, le gouvernement devait certes remporter la votation sur l’adhésion de la Suisse à la Convention contre le racisme de l’ONU. Mais l’année 1994 a montré de manière impressionnante au Conseil fédéral à quel point sa politique étrangère était exposée à des vents contraires’, constate Sacha Zala, directeur de Dodis.

La sélection de documents pertinents pour la recherche est en libre accès sur www.dodis.ch.

Le vernissage des Documents Diplomatiques Suisses 1994, avec comme invitée d’honneur l’ancienne Conseillère fédérale Ruth Dreifuss, aura lieu le vendredi 3 janvier 2025, de 16h30 à 18h00 à l’UniS, salle S 003, Schanzeneckstrasse 1, 3012 Berne.

Source : Centre de recherche Dodis (Documents Diplomatiques Suisses)