La dexaméthasone, hormone de stress synthétique, pourrait réduire les métastases du cancer du sein

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(© Image: Adobestock)
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Le médicament dexaméthasone complète les traitements anticancéreux afin d’atténuer les effets secondaires de la chimiothérapie, tels que les nausées et les inflammations. Des chercheurs de l’Université de Bâle ont maintenant découvert qu’il combat également les métastases de certains types de cancer du sein.

La substance active dexaméthasone est une substance de signalisation synthétique dont l’effet est similaire à celui du cortisol, l’hormone du stress produite par l’organisme. Un groupe de recherche de l’Université de Bâle a trouvé des indices selon lesquels ce médicament, déjà utilisé depuis longtemps, pourrait avoir un nouvel effet supplémentaire sur certains cancers du sein résistants aux traitements.

Le cancer du sein du sous-type ’récepteurs d’½strogènes positifs’ (en abrégé ER+) peut généralement être traité par une thérapie anti-hormonale. La cible de cette thérapie est le récepteur des ½strogènes, qui est suractivé dans ces tumeurs et qui entraîne la division cellulaire dégénérée. L’hormonothérapie fait appel à des médicaments qui désactivent ou détruisent le récepteur des ½strogènes et freinent ainsi la croissance des cellules cancéreuses. Cependant, ce type de tumeur forme parfois des métastases qui ne répondent plus à l’hormonothérapie.

Moins de métastases

Une équipe de recherche dirigée par Mohamed Bentires-Alj du département de biomédecine de l’Université de Bâle et de l’Hôpital universitaire de Bâle rapporte dans la revue spécialisée ’EMBO Molecular Medicine’ que la dexaméthasone peut justement combattre ces métastases résistantes au traitement. Lors d’essais sur des souris atteintes de tumeurs ER+ résistantes aux traitements, la dexaméthasone a réduit les métastases hépatiques et a prolongé la survie des animaux.

Des analyses supplémentaires ont permis de mieux comprendre comment le médicament produit cet effet : La dexaméthasone active le récepteur des glucocorticoïdes. Celui-ci supprime à son tour la production du récepteur des ½strogènes. les cellules cancéreuses perdent ainsi le principal moteur de la croissance tumorale", explique Madhuri Manivannan, premier auteur de l’étude.

Outre les essais sur les souris, les chercheurs ont également utilisé des tissus tumoraux de patientes atteintes d’un cancer du sein cultivés en laboratoire, appelés organoïdes. Là aussi, ils ont observé que la quantité du récepteur d’½strogènes diminuait avec l’ajout de dexaméthasone.

De nouveaux avantages pour un médicament éprouvé

la dexaméthasone pourrait éventuellement soutenir directement certains traitements du cancer du sein, et pas seulement en tant que médicament d’accompagnement contre les nausées et les inflammations", explique le Dr Charly Jehanno, qui a dirigé le projet de recherche. mais nous devons d’abord confirmer ces résultats, en particulier la perte du récepteur des ½strogènes, directement chez les personnes atteintes d’un cancer du sein". Si l’effet anti-métastases se confirme, ce médicament établi de longue date pourrait être réutilisé.

Les chercheurs soulignent toutefois que la dexaméthasone n’entre pas en ligne de compte pour toutes les personnes atteintes d’un cancer du sein. la dexaméthasone est un exemple qui montre que le même principe actif peut avoir des effets très différents sur l’évolution de la maladie dans différents types de cancer du sein’, explique Mohamed Bentires-Alj. En 2019, son équipe a rapporté dans la revue spécialisée ’Nature’ que la dexaméthasone avait même un effet métastasique dans un autre type de cancer du sein (triple négatif).

Publication originale

Madhuri Manivannan et al.
Le récepteur activé des glucocorticoïdes est un silencieux du récepteur des ½strogènes dans le cancer du sein métastatique ER+
EMBO Molecular Medicine (2025), doi : 10.1038/s44321-025-00342-z