Un traitement plus efficace de la fibrillation auriculaire : Une nouvelle méthode d’intervention montre des résultats prometteurs

- EN- DE- FR - IT

La fibrillation auriculaire est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent au monde. Les méthodes de traitement existantes, comme l’ablation par cathéter, sont certes plus efficaces que les médicaments, mais elles comportent toujours des limites et des risques. Dans une étude récente menée sous la direction de l’Hôpital de l’Île, de l’Hôpital universitaire de Berne, de l’Université de Berne et de l’Hôpital universitaire de Bâle, un nouveau procédé de traitement montre désormais des résultats prometteurs : L’ablation par champ pulsé (PFA) obtient, par rapport à l’ablation par cathéter traditionnelle, un taux de réussite plus élevé avec une réapparition plus rare des troubles du rythme cardiaque, tout en présentant une sécurité élevée et une durée d’intervention plus courte.

La fibrillation auriculaire est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent, touchant plus de 100 000 personnes en Suisse. Elle affecte considérablement la qualité de vie de nombreuses personnes concernées par des palpitations cardiaques irrégulières. Si elle n’est pas traitée, la fibrillation auriculaire augmente le risque d’accident vasculaire cérébral et d’insuffisance cardiaque. L’ablation par cathéter est une méthode bien établie pour traiter la fibrillation auriculaire. Cette méthode consiste à localiser de manière ciblée dans le c½ur le tissu cardiaque qui déclenche les signaux électriques incontrôlés et à le scléroser ensuite.

Des études montrent que l’ablation par cathéter est plus efficace que les médicaments pour rétablir un rythme cardiaque normal, réduire les troubles tels que les palpitations ou l’essoufflement et diminuer le risque d’insuffisance cardiaque. Le nombre d’ablations de fibrillation auriculaire a fortement augmenté ces dernières années - en 2024, plus de 6 000 interventions ont été réalisées en Suisse et plus de 500 000 dans le monde. Après une ablation par cathéter, des troubles du rythme peuvent toutefois réapparaître si les veines pulmonaires traitées se reconnectent électriquement à l’oreillette ou si des foyers d’excitation supplémentaires sont présents. En outre, il existe un faible risque de complications rares mais graves, telles que des rétrécissements des veines pulmonaires, des lésions du nerf diaphragmatique ou des blessures de l’½sophage.

Une étude compare pour la première fois l’ablation par champ pulsé avec l’ablation par cathéter traditionnelle

Depuis 2021, l’ablation par champ pulsé (PFA) est disponible en tant que nouvelle méthode plus douce pour le traitement de la fibrillation auriculaire. Contrairement à l’ablation par cathéter traditionnelle, qui utilise la chaleur ou le froid, la PFA utilise de courtes impulsions électriques pour désactiver de manière ciblée les cellules musculaires cardiaques défectueuses. Cette technique préserve les tissus environnants et réduit le risque d’effets secondaires. De plus, l’intervention est souvent plus rapide et moins contraignante pour les patients.

Une équipe de recherche suisse, dirigée par Tobias Reichlin de la clinique universitaire de cardiologie de l’Hôpital de l’Île et Christian Sticherling du centre de cardiologie de l’Hôpital universitaire de Bâle, a comparé pour la première fois l’efficacité et la sécurité de l’AFP avec l’ablation par cryoballon, une forme traditionnelle d’ablation par cathéter, dans le cadre d’une étude clinique randomisée et contrôlée. Pour ce faire, les chercheurs ont attribué au hasard 210 patients souffrant de fibrillation auriculaire à l’une des deux méthodes de traitement : Alors qu’un groupe a été traité par l’ablation par cryoballon établie, l’autre groupe a reçu une PFA. Les deux groupes ont ensuite été étroitement surveillés pendant un an à l’aide d’un enregistreur d’événements implanté sous la peau, afin de détecter avec précision la survenue de nouveaux troubles du rythme cardiaque.

Des résultats prometteurs avec l’ablation douce par champ pulsé

Les résultats de l’étude, présentés au congrès européen de rythmologie (European Heart Rhythm Association ; EHRA) à Vienne et publiés simultanément dans le ’New England Journal of Medicine’, montrent que l’ablation par PFA est supérieure à l’ablation par cryoballon et qu’elle présente un taux plus faible de récidive des troubles du rythme cardiaque : Dans le groupe PFA, 37 pour cent des patients ont présenté une nouvelle arythmie, contre 51 pour cent dans le groupe cryoballon. De plus, la durée de l’intervention était nettement plus courte avec la nouvelle méthode (55 minutes) qu’avec la méthode établie, où l’examen durait 73 minutes. Dans les deux groupes, les complications ont été très rares.

Les résultats confirment que la PFA est une alternative prometteuse à l’ablation par cryoballon. Les résultats de cette étude vont influencer durablement le domaine de l’ablation de la fibrillation auriculaire dans le monde entier et pour des années", explique Tobias Reichlin, médecin-chef à la clinique universitaire de cardiologie de l’Hôpital de l’Île, et Christian Sticherling, premier auteur, dernier auteur et médecin-chef adjoint de la clinique de cardiologie de l’Hôpital universitaire de Bâle, ajoute : "Le taux de réussite plus élevé est lié à un bénéfice direct pour les patients. On peut s’attendre à ce que la PFA s’établisse dans les années à venir dans le monde entier comme le nouveau gold standard dans le traitement mini-invasif de la fibrillation auriculaire et qu’elle soit intégrée dans les directives des sociétés spécialisées’. D’autres études doivent maintenant montrer l’effet à long terme de l’ablation par PFA sur l’évolution de la maladie ainsi que sur le risque d’insuffisance cardiaque et d’accident vasculaire cérébral.